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Le chef de l’Armée de l’air indienne (IAF) a récemment admis de manière franche que certains proches lui avaient dit « Aur maarna tha » (il fallait frapper davantage), soulignant que l’IAF aurait pu porter des coups plus durs à la Force aérienne pakistanaise (PAF) lors de l’Opération Sindoor, juste avant que les deux pays n’acceptent un cessez-le-feu.

Le chef de l’IAF a reconnu que, bien que l’opération ait démontré la capacité de l’Inde à frapper en profondeur le territoire aérien pakistanais, en ciblant notamment la base aérienne de Sargodha – considérée comme le principal centre opérationnel de la PAF – l’offensive avait été intentionnellement limitée en raison de choix stratégiques et politiques.

Au cours de l’opération, l’IAF a réussi à neutraliser les pistes des principales bases aériennes pakistanaises, envoyant un signal fort de dissuasion. Cependant, le chef d’état-major a souligné que, dans de futurs scénarios, cette posture pourrait être renforcée. Plutôt que de se limiter à frapper les pistes, il estime que l’Inde devrait être prête à cibler les avions stationnés dans les hangars, les ateliers de maintenance et les aires de stationnement.

Cette stratégie permettrait non seulement d’interrompre les opérations aériennes, mais aussi de réduire directement la puissance de combat de la PAF. En neutralisant les appareils au sol, l’IAF pourrait potentiellement éliminer entre 30 % et 40 % de la flotte de combat pakistanaise dès la première vague d’attaques, modifiant ainsi de manière significative l’équilibre des forces dès le début du conflit.

Les frappes sur Sargodha, siège du Commandement central de la PAF et base des escadrons d’élite F-16 et JF-17, revêtent une importance particulière. Sargodha est souvent qualifiée de « joyau de la couronne » des opérations pakistanaises et a été l’une des bases aériennes les mieux défendues d’Asie, hébergeant plus de 50 % des forces de combat pakistanaises lors de la guerre de 1965. L’Opération Sindoor a vu l’IAF endommager plusieurs infrastructures telles que les hangars à F-16, les radars et autres installations, envoyant un message clair : aucune base aérienne pakistanaise, quelle que soit son importance stratégique, n’est hors de portée.

Malgré ce succès, le Maréchal de l’air Singh a révélé que de nombreux membres de son entourage pensaient que l’IAF aurait dû franchir un palier supplémentaire. Le sentiment « Aur maarna tha » traduit une frustration : après avoir paralysé les opérations de la PAF et poussé le Pakistan à négocier un cessez-le-feu via son Directeur général des opérations militaires (DGMO), l’IAF n’a pas pleinement exploité sa supériorité. Sur les réseaux sociaux, notamment sur X, plusieurs voix ont regretté que 24 à 48 heures supplémentaires d’opérations auraient pu détruire 20 à 30 F-16 et affaiblir considérablement les capacités de combat pakistanaises.

Pour atteindre cet objectif d’éliminer 30 à 40 % des forces de combat pakistanaises dès la première phase, les futures opérations indiennes devront impérativement prioriser les frappes sur les avions dans les hangars et les installations de maintenance. La PAF s’appuie fortement sur ses quelque 80 F-16 et 170 JF-17, qui constituent l’épine dorsale de ses capacités opérationnelles. La destruction de ces appareils au sol, notamment lorsqu’ils sont en maintenance et donc vulnérables, nécessitera des capacités accrues de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR), ainsi que des munitions guidées de précision capables de pénétrer les abris renforcés.

L’Opération Sindoor a démontré la capacité de l’IAF à frapper en profondeur sur le territoire pakistanais avec des dégâts collatéraux limités, grâce notamment à des systèmes avancés comme le S-400 et l’Integrated Air Command and Control System (IACCS). Pour renforcer l’efficacité des futures frappes, plusieurs technologies pourraient être exploitées :

  • Ciblage assisté par intelligence artificielle : Des systèmes développés pour le missile de croisière CATS Hunter pourraient améliorer la priorisation des cibles en temps réel, identifiant précisément les avions dans les hangars ou sur les pistes.
  • Drones en essaim : L’IAF explore les intercepteurs anti-drones montés sous les ailes, qui pourraient être adaptés à des rôles offensifs en déployant des essaims pour submerger les défenses pakistanaises et atteindre des appareils en maintenance.
  • Munitions avancées : Des armes indigènes comme les missiles anti-radiations Rudram-1/2 et la Smart Anti-Airfield Weapon (SAAW) pourraient être utilisées pour détruire les abris renforcés et les pistes, tandis que le BrahMos-NG assurerait le ciblage précis d’actifs à haute valeur stratégique.

La base de Sargodha demeure un point névralgique. En tant que centre névralgique du Commandement central de la PAF, elle abrite des escadrons d’élite, des centres avancés de commandement et de contrôle, ainsi que le Centre d’excellence pour la puissance aérienne. Sa proximité avec les Kirana Hills, un site réputé de stockage nucléaire, confère une importance stratégique supplémentaire. Les frappes sur Sargodha lors de l’Opération Sindoor ont ravivé le souvenir des attaques audacieuses de l’IAF durant la guerre de 1965. Le Maréchal de l’air Singh a rappelé que « Sargodha, nous avons grandi dans notre Armée de l’air en rêvant de jours comme celui-ci », soulignant l’importance symbolique et opérationnelle de cette base.

Pour porter un coup décisif, l’IAF pourrait concentrer ses efforts sur les abris pare-explosion, les hangars de maintenance et les plates-formes de préparation opérationnelle (Operational Readiness Platforms), où les avions sont souvent positionnés. L’utilisation d’images satellites et du renseignement humain, au cœur des succès de l’Opération Sindoor, reste essentielle pour identifier les cibles de haute valeur.