Au moment où cet article est rédigé, deux événements majeurs ont marqué le Moyen-Orient, tous deux liés à une caractéristique historique essentielle de la région : les rêves longtemps inassouvis de nation et d’État de deux peuples majeurs, empêchés par les dynamiques politiques en place de concrétiser ces aspirations. Il s’agit des Palestiniens et des Kurdes, dont les ambitions souveraines restent entravées par des structures et processus politiques complexes.
Les Palestiniens, peuple profondément ancré dans leurs territoires historiques, portent depuis plusieurs décennies un projet national fondé sur la reconnaissance d’un État indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale de leur futur État. Pourtant, les réalités géopolitiques, le poids des négociations infructueuses, ainsi que les divisions internes et les résistances régionales continuent d’obstruer cette ambition.
De leur côté, les Kurdes, répartis principalement entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie, revendiquent également une souveraineté nationale à travers la création d’un État kurde. Leur quête d’autodétermination a été source de nombreux conflits et tensions régionales, avec une répression souvent sévère dans les pays où ils vivent. En Irak, la région autonome du Kurdistan a obtenu une reconnaissance limitée, mais le rêve d’un État kurde unifié reste largement hors de portée.
Ces deux projets nationaux, bien que distincts, partagent plusieurs dénominateurs communs :
- Une longue histoire de revendications identitaires, culturelles et politiques.
- Un face-à-face avec des régimes étatiques souvent hostiles ou récalcitrants à la dissémination de leur pouvoir.
- Un contexte régional marqué par des alliances mouvantes, des tensions interétatiques et des ambitions géopolitiques qui compliquent leurs trajectoires.
Le cas palestinien est emblématique de la lutte pour la reconnaissance sur une scène internationale partagée entre quête de légitimité diplomatique et réalités imposées par la puissance d’Israël et ses soutiens. L’Autorité palestinienne reste partiellement souveraine, sans contrôle total sur son territoire ni reconnaissance pleine et entière d’un État indépendant.
Quant aux Kurdes, leur dispersion géographique dans plusieurs États a rendu difficile la construction d’une entité politique unifiée. Le référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien en 2017 a montré à la fois l’ampleur de leur aspiration nationale et les limites de leur pouvoir, avec un rejet quasi unanime de cette démarche par Bagdad et les actuels voisins internationaux.
Ces rêves de souveraineté façonnent et alimentent les tensions qui perdurent au Moyen-Orient, mettant en lumière la fragilité des arrangements étatiques post-coloniaux et la difficulté de concilier les aspirations nationales avec la stabilité régionale. Les espoirs de création d’États palestinien et kurde demeurent ainsi un défi majeur pour l’ordre régional, et un sujet déterminant des relations internationales au XXIe siècle.