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Au cœur du Salon aéronautique de Dubaï 2025, sous le bruit des moteurs à réaction et l’éclat des technologies aérospatiales de pointe, la société d’État russe Rostec a surpris le marché mondial de la défense. Dans une initiative inattendue à destination de l’Inde, Rostec a proposé le co-développement d’une version biplace de l’avion de chasse de cinquième génération FGFA, basé sur la plateforme avancée du Su-57. Cette proposition audacieuse s’appuie sur l’offre russe de longue date du modèle export monoplace Su-57E et marque une volonté de relancer le programme indo-russe FGFA, qui avait été abandonné en 2018.

Cette annonce, faite en marge du salon où le Su-57E effectuait sa première démonstration aérienne au Moyen-Orient, souligne la détermination de Moscou à renforcer sa coopération avec New Delhi. Intervenant à quelques semaines de la visite attendue du président russe Vladimir Poutine en Inde en décembre 2025, ce développement intervient alors que l’Inde cherche à renouveler sa flotte aérienne vieillissante avec des avions furtifs modernes, dans un contexte d’acquisitions multi-fournisseurs comprenant notamment des F-35 américains et des Rafale français.

Le programme FGFA, lancé en 2007 comme une coentreprise entre Hindustan Aeronautics Limited (HAL) d’Inde et United Aircraft Corporation (UAC), filiale de Rostec, visait à développer un chasseur furtif de cinquième génération adapté aux besoins des deux pays. L’Inde avait investi 295 millions de dollars aux côtés de la Russie pour la phase de conception préliminaire, avec l’objectif d’un appareil personnalisé doté d’innovations en matière de furtivité, d’avionique et de fusion de capteurs. Toutefois, New Delhi s’était retiré du projet en 2018, invoquant des inquiétudes sur la surface efficace radar (RCS) du Su-57, la fiabilité de ses moteurs et le transfert insuffisant de technologies.

La nouvelle proposition de Rostec modifie ce cadre. Lors de déclarations aux médias, Sergey Chemezov, PDG de Rostec, a souligné la nature « totalement ouverte » de l’offre, incluant un transfert complet des technologies relatives aux moteurs, à l’avionique et au savoir-faire industriel, à l’abri des sanctions internationales.

Le projet biplace, décrit comme un « développement conjoint d’une version deux places du Su-57E ou FGFA », répond à une exigence clé de l’Armée de l’air indienne (IAF) pour un appareil permettant une formation avancée et une polyvalence opérationnelle accrue. Contrairement au Su-57 monoplace, conçu principalement pour des missions de supériorité aérienne, cette variante biplace faciliterait l’entraînement des pilotes, les missions de guerre électronique ou même le travail en équipage avec des drones, en phase avec l’appel d’offres Multi-Role Fighter Aircraft (MRFA) de l’IAF pour 114 avions. Vadim Badekha, directeur général de l’UAC, a confirmé que « toutes les exigences indiennes concernant le Su-57 sont pleinement acceptables », les échanges en cours assurant une intégration fluide des systèmes autochtones.

Cette offre n’est pas qu’un simple discours. Des experts russes ont récemment confirmé la capacité de HAL à produire localement jusqu’à 50 % des composants du Su-57, en utilisant les infrastructures de Nashik pour l’assemblage, Koraput pour les moteurs AL-31FP, et Kasaragod pour l’avionique. Lors du salon Aero India 2025, un responsable de Rosoboronexport a évoqué la production sous licence dans les usines HAL dès cette année, avec des droits à l’export et un contrat estimé à 30 milliards de dollars pour 63 à 114 appareils.