Pour la première fois, le Royaume-Uni et la France se sont publiquement engagés à coordonner leurs dissuasions nucléaires indépendantes face aux menaces extrêmes, marquant une nouvelle étape dans leur stratégie bilatérale ainsi que dans le cadre de l’OTAN.
Lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron à Londres, une déclaration conjointe a été signée, affirmant que le Royaume-Uni et la France conservent leur autonomie souveraine en matière d’arsenaux nucléaires, mais sont désormais prêts à les aligner en cas de crise majeure. Il y est clairement indiqué que « toute menace extrême contre l’Europe entraînerait une réponse des deux nations ».
Il s’agit de la déclaration publique la plus explicite à ce jour quant à la volonté des deux pays de coordonner leur posture et leurs réponses nucléaires. Jusqu’à présent, chacun soulignait l’indépendance comme fondement d’une dissuasion crédible. Ce changement traduit une inquiétude croissante face à la rhétorique nucléaire russe et à l’instabilité générale dans la région euro-atlantique.
Le Premier ministre Keir Starmer a salué cet accord comme un jalon important pour la défense européenne. « En tant que partenaires proches et alliés de l’OTAN, le Royaume-Uni et la France ont une longue histoire de collaboration militaire et les accords signés aujourd’hui élèvent notre partenariat à un nouveau niveau », a-t-il déclaré. « Nous sommes prêts à mettre en œuvre notre puissance commune pour développer des capacités partagées tout en assurant la sécurité de nos populations ».
Le Royaume-Uni et la France sont les seules puissances nucléaires en Europe et deux des trois États nucléaires de l’OTAN, aux côtés des États-Unis. Bien que chacun contribue séparément à la posture de dissuasion de l’alliance, cette déclaration ouvre la voie à une prise de décision intégrée dans des scénarios de menace existentielle.
Le ministre britannique de la Défense, John Healey, a déclaré que cette nouvelle posture illustrait une résolution partagée. « Ce partenariat renforce notre leadership en Europe et envoie un message clair à nos adversaires : nous sommes plus forts ensemble », a-t-il affirmé.
Cette déclaration s’inscrit dans une mise à jour plus large des traités de Lancaster House, comprenant le renforcement de la Force conjointe combinée avec des capacités dans le cyberespace et l’espace, ainsi qu’une intégration plus poussée dans la planification stratégique. Selon les responsables, elle traduit une maturité accrue de la coopération de défense franco-britannique, fruit d’années de déploiements communs, de collaboration industrielle et de recherches nucléaires partagées.
En formalisant cette coordination au plus haut niveau de la dissuasion, Londres et Paris visent à dissuader leurs adversaires par un front nucléaire uni, tout en affirmant leur autonomie stratégique européenne au sein du cadre de l’OTAN.