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Des rumeurs affirmant une infiltration de technologies chinoises dans le missile air-air à moyenne portée Astra MkII du DRDO ont été formellement démenties. Les composants récupérés, issus d’un missile pakistanais abattu, ont offert à l’Armée de l’air indienne (IAF) et au Defence Research and Development Organisation (DRDO) une véritable mine d’informations en matière de contre-mesures électroniques (ECCM).

Lors de l’opération Sindoor en mai, un missile PL-15 pakistanais, présumé fourni par la Chine, a été abattu près de la ligne de contrôle à Jammu. Ce missile, lancé depuis un avion JF-17 de la Pakistan Air Force, s’est écrasé en conservant une grande partie de ses composants intacts. Les premières analyses, menées par des commandos Garud de l’IAF, ont confirmé la présence de sous-systèmes d’origine chinoise. Cette découverte a alimenté des spéculations infondées selon lesquelles le missile Astra MkII intégrerait des technologies capturées, compromettant ainsi son intégrité. Un responsable du DRDO a cependant clarifié : « Rien n’est plus éloigné de la vérité. L’Astra est 100 % indigène, avec un chercheur AESA développé localement. Ce qui est réellement important, ce sont les composants du PL-15, une véritable boîte de Pandore électronique révélant les tactiques pakistanaises et chinoises. »

L’opération de récupération, nommée « Tech Harvest », s’est déroulée dans le plus grand secret pendant les quatre jours de combats. Le 222 Missile Group de l’IAF et l’Instruments Research & Development Establishment (IRDE) du DRDO ont rapidement sécurisé et transféré 80 % des débris vers un site sécurisé à Bengaluru. Parmi les pièces clés récupérées figurent le chercheur Active Electronically Scanned Array (AESA), l’unité de mesure inertielle (IMU) et le module de liaison de données, tous arrivés quasiment intacts. Leurs firmwares et journaux de télémétrie ont pu être exploités malgré la vitesse Mach 4 atteinte lors du crash.

« C’est une véritable mine d’or pour le renseignement, non pas parce que nous avons des espions dans nos systèmes, mais parce que nous obtenons un reflet de leurs propres technologies », a souligné une source. Ces composants, riches en données diagnostiques, permettent de décrypter la logique centrale du PL-15, transformant une situation délicate en une réussite stratégique.

Au cœur de cette analyse se trouvent les algorithmes de contre-contre-mesures électroniques (ECCM), cerveau numérique du missile pour résister aux brouillages. Le code extrait révèle des seuils précis de rejet de signaux, des adaptations en fréquence et des limites de pénétration face aux émetteurs électroniques indiens, tels que le RWR numérique Dhruti DR 118 installé sur les Su-30MKI ou les réseaux terrestres Samyukta. « Nous connaissons désormais précisément la manière dont le PL-15 encaisse nos contre-mesures, ses angles morts dans le brouillage en bande L et ses vulnérabilités face à des leurres à énergie dirigée », a expliqué le responsable du DRDO. Ces informations alimentent directement les améliorations de la suite ECCM de l’Astra MkII, lui permettant de surpasser les capacités des PL-15 dans les combats simulés.

Les formes d’ondes radar et les fréquences du chercheur dévoilent des motifs propriétaires de compression d’impulsions, des modes basse probabilité d’interception (LPI) et des sauts de fréquence en vol, destinés à dissimuler l’approche du missile. Les analystes spectrales du DRDO, en disséquant des gigaoctets d’émissions enregistrées, ont cartographié la « signature silencieuse » en bande X du PL-15, clé pour contrecarrer ce missile avec des brouilleurs nationaux comme le radar haute puissance (HPR) de Bharat Electronics. « C’est comme voler leur chuchotement ; nous pouvons désormais amplifier nos signaux pour l’étouffer », a commenté un spécialiste radar.

Les protocoles de liaison de données offrent également un avantage inédit : ce sont des canaux cryptés bidirectionnels reliant le missile aux cockpits des JF-17 ainsi qu’au système AWACS ZDK-03 pakistanais, permettant des ajustements en vol. Les équipes du Centre d’Intelligence Artificielle et Robotique (CAIR) du DRDO ont réussi à déchiffrer ces séquences d’authentification, révélant des failles exploitables par des attaques par déni de service ou le brouillage GPS, notamment via le système Netra Mk1A de l’IAF. « Cela nous permet d’interrompre la navigation de leur missile en plein vol, le transformant en « brique » », a précisé la source, ces découvertes s’appliquant immédiatement au renforcement des liaisons de données du Tejas.

Enfin, les données cinématiques recueillies sur le moteur à propergol solide à double impulsion du PL-15 ont permis de révéler ses profils de poussée, une vitesse terminale dépassant 200 km, ainsi que sa courbe d’efficacité carburant. Associées aux données d’accélération et de navigation recueillies par l’IMU, elles affinent les modèles balistiques des intercepteurs Akash-NG, augmentant de 25 % leur probabilité de touche face aux attaques aériennes pakistanaises.

Les répercussions sont majeures pour l’écosystème de guerre électronique indien. Les améliorations terrestres intégrant des filtres dérivés du PL-15 seront appliquées aux radars Grave Stone du système S-400, tandis que les pods de guerre électronique embarqués tels que la suite nationale sur Su-30MKI bénéficieront de formes d’ondes adaptées à la lutte contre les analogues chinois J-10C.