Le programme indien Advanced Medium Combat Aircraft (AMCA) prend un tournant décisif avec la sélection de Safran, groupe français, en tant que partenaire privilégié face à Rolls-Royce, le groupe britannique, pour le co-développement du moteur destiné à l’AMCA MkII. Ce moteur, dont la poussée sera comprise entre 110 et 120 kN, sera développé en collaboration avec le Gas Turbine Research Establishment (GTRE) indien.
Selon des sources proches du dossier, la décision s’est surtout jouée sur le respect des délais de production. Safran propose un cycle de développement de 10 ans, contre 13 ans pour Rolls-Royce, ce qui correspond parfaitement à l’objectif de l’armée de l’air indienne (IAF) de débuter la production de l’AMCA MkII dès 2035, avec des premières livraisons prévues en 2037.
Les deux candidats étaient favorables au partage des droits de propriété intellectuelle liés à ce moteur innovant. Toutefois, c’est la contrainte liée au calendrier qui a prévalu, Safran apparaissant comme le mieux placé pour répondre aux exigences temporelles du projet.
Par ailleurs, des inquiétudes ont été exprimées concernant d’éventuelles pressions américaines sur Rolls-Royce. En effet, dans le passé, les sanctions américaines ont affecté certaines entreprises britanniques, ce qui a probablement pesé dans la décision indienne.
Ce choix stratégique souligne l’importance accordée par l’Inde à la maîtrise des délais dans le développement de matériel militaire clé, afin de garantir la montée en puissance rapide de ses capacités aériennes face aux défis géopolitiques régionaux.