Pour la première fois depuis l’invasion totale de l’Ukraine par la Russie, les forces armées russe et biélorusse organiseront de nouveau l’exercice conjoint Sapad (Ouest) du 12 au 16 septembre. Ce manœuvre, initialement prévu tous les deux ans, avait été annulé en 2023. Pourtant, les deux pays liés officiellement au sein de l’« État de l’Union » réalisaient cette opération depuis 2009, selon un rythme quadriennal. Avec environ 13 000 participants annoncés, l’ampleur est nettement réduite par rapport à 2021, lors duquel près de 200 000 soldats avaient pris part au plus grand exercice depuis l’époque soviétique.
Par ailleurs, les activités devraient se limiter essentiellement aux zones d’entraînement autour de Baryssau, dans le centre de la Biélorussie, ainsi qu’aux déplacements de troupes entre les deux nations. Toutefois, l’utilisation du nouveau missile balistique russe à moyenne portée Oreschnik devrait faire l’objet d’une démonstration. Cette arme avait été déployée en novembre dernier contre une zone industrielle du groupe militaire et spatial ukrainien Yuzhmash, située dans la ville de Dnipro, au sud de l’Ukraine. Initialement considérée comme un tir d’essai, la roquette est désormais en production en série et son stationnement prochain en Biélorussie est annoncé.
L’exercice Sapad, un instrument de dissuasion stratégique
Cette composante de l’exercice a été évoquée par le ministre biélorusse de la Défense, Wiktar Chrenin, deux jours avant la rencontre d’« Alaska » entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump, dans le contexte du conflit ukrainien. La formation y est présentée comme une contribution à la dissuasion stratégique. Les armes de moyenne portée, dont la portée est comprise entre 500 et 5 500 kilomètres, étaient auparavant interdites en Europe par le traité INF (Forces nucléaires à portée intermédiaire) conclu entre Washington et Moscou en 1987. Ce traité avait été dénoncé en 2019 par le président Trump, qui accusait la Russie de violation via son missile de croisière 9M729 Novator du système Iskander, connu sous la désignation OTAN SSC-8 « Screwdriver ».
Les exercices Sapad existaient déjà à l’époque soviétique et sont menés conjointement par la Russie et la Biélorussie depuis 2009. Ils correspondent aux manœuvres Wostok (Est) organisées dans la région pacifique, auxquelles avaient participé en 2022 de nombreux pays partenaires, notamment la Chine. Parallèlement, l’OTAN conduit cet été, d’août à septembre, la série d’exercices Quadriga, qui porte en particulier sur le soutien aux alliés situés aux frontières russes et biélorusses.
Stefan Axel Boes