Une vidéo mystérieuse en provenance du Pakistan a suscité une vive inquiétude en ligne quant à un possible accident impliquant la Force aérienne pakistanaise (PAF). Cependant, une analyse récente issue du renseignement open source (OSINT) révèle qu’il s’agit en réalité d’un atterrissage brutal ayant endommagé un chasseur J-10CE, et non d’un crash complet. Les images montrent deux avions J-10CE à la base aérienne de Sargodha le 8 août 2025, suivies d’une fumée épaisse et d’une explosion apparente, alimentant les rumeurs. Mais les faits disponibles indiquent que l’incident, limité à la piste, n’a pas causé de destruction totale, expliquant la discrétion officielle de la PAF.
La vidéo floue, publiée sur Snapchat aux environs de 9h01 et largement relayée sur X par le compte @CA_DS05, montre les J-10CE d’origine chinoise — dernière acquisition de la PAF destinée à contrer les Rafale indiens — réalisant une approche à Sargodha. Cette base stratégique héberge des escadrons d’élite et des forces capables de porter des armes nucléaires. Juste après le contact du deuxième appareil avec la piste, une colonne de fumée s’élève, accompagnée d’un message en ourdou : « Allah rehem kare..Sargodha pehla dhamaka » (« Que Dieu ait pitié… première explosion à Sargodha »). La brièveté de la vidéo — à peine 30 secondes — a immédiatement alimenté les spéculations : s’agissait-il d’une attaque indienne lors de l’opération secrète Sindoor, ou d’une erreur de pilotage sous pression ?
Les premières informations évoquaient une situation dramatique, certains analystes de défense voyant dans cette explosion la preuve de la supériorité indienne. Sargodha avait déjà été visée dans plusieurs exercices ou frappes réelles durant l’escalade des tensions frontalières au printemps 2025. Les réseaux sociaux ont ainsi relayé des allégations de perte d’un J-10CE, relançant d’anciens scénarios non vérifiés, comme des crashs de Mirage ou des vulnérabilités du F-16. Pourtant, une étude approfondie d’OSINT, basée sur l’imagerie satellite, des témoignages oculaires et une analyse image par image, a permis d’établir que l’incident correspondait à un atterrissage excessivement brutal, et non à une panne catastrophique.
Les conclusions actuelles indiquent que le deuxième J-10CE a probablement subi des turbulences ou une correction de pilotage excessive au moment de l’atterrissage, provoquant une vitesse verticale trop élevée et une contrainte importante sur la cellule. Après le contact au sol, l’appareil a légèrement dérapé avant l’intervention des techniciens, causant des dégâts au niveau des ailes et du train d’atterrissage. Aucun incendie ni destruction totale n’ont été constatés. L’avion a été remorqué vers une zone sécurisée de la base pour réparation. Ce scénario concorde avec la nature limitée de l’explosion visible sur la vidéo — vraisemblablement un nuage de débris ou une fuite hydraulique — ce qui explique l’absence de photos de débris dispersés.
Les spécialistes rappellent que les atterrissages difficiles ne sont pas rares pour des chasseurs delta comme le J-10CE, notamment sur la piste de 3 000 mètres de Sargodha, où les conditions météorologiques estivales et les vents variables compliquent les opérations. Le fait que l’incident se soit produit à l’intérieur du périmètre sécurisé explique aussi qu’il soit resté confidentiel afin d’éviter toute gêne pour la PAF. « C’est un coup dur pour la disponibilité opérationnelle, mais pas pour la flotte », commente un analyste anonyme, soulignant l’effectif limité de la flotte J-10CE au Pakistan, avec environ 36 appareils acquis en 2022 pour un montant de 1,4 milliard de dollars, destinés notamment à améliorer les capacités au-delà de la portée visuelle grâce aux missiles PL-15.
Fidèle à ses habitudes, la PAF n’a fourni aucune confirmation officielle, en accord avec sa politique de silence sur les incidents mineurs ne causant ni pertes humaines ni destructions totales d’avions. Une sortie d’entraînement ratée ne justifie pas l’ouverture d’un conseil de discipline, d’autant plus que le pilote s’en est sorti indemne. Ce mutisme contraste avec les exigences croissantes de transparence chez certains alliés et laisse la place à des adversaires, comme l’IAF, pour amplifier les récits d’une armée de l’air pakistanaise fragile. On se souvient des allusions voilées du maréchal de l’air indien A.P. Singh sur les vulnérabilités de Sargodha lors du salon Aero India 2025.
L’incident met en lumière les défis auxquels fait face la PAF : associer une technologie chinoise relativement récente à une infrastructure héritée tout en affrontant une force aérienne indienne numériquement supérieure et équipée de systèmes avancés comme le S-400 et les missiles Astra d’origine locale. Un J-10CE endommagé pourrait être indisponible plusieurs mois, ce qui pèserait sur la capacité de réaction rapide de la PAF dans un contexte toujours tendu au Ladakh. En parallèle, cet épisode illustre l’importance croissante de l’OSINT dans la surveillance militaire : l’analyse de vidéos géolocalisées ou d’images satellites thermiques transforme les rumeurs en données exploitables.