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Le second et dernier lot de trois hélicoptères d’attaque AH-64E Apache Guardian est en cours d’acheminement vers l’armée indienne, marquant une étape majeure dans la modernisation militaire du pays. L’imposant avion de transport Antonov An-124 Ruslan, immatriculé UR-82008, a atterri hier après-midi à l’aéroport Phoenix-Mesa Gateway (KIWA) après un vol transatlantique en provenance de Leipzig, en Allemagne, où il se prépare à transporter ces appareils de pointe jusqu’en Inde.

Des témoins et passionnés d’aviation ont immortalisé cet événement sur le tarmac baigné de soleil, au pied des escarpements des Superstition Mountains. Les équipes au sol, portant des gilets haute visibilité aux marquages de l’armée indienne, ont été vues en train d’inspecter et de sécuriser les Apaches peints en beige sable, arborant fièrement les cocardes tricolores indiennes ainsi que l’inscription IA (Indian Army) sur leurs fuselages. Ces hélicoptères, dotés de capteurs sophistiqués, de capacités à lancer des missiles Hellfire et équipés d’un canon de 30 mm, intègrent les dernières améliorations de Boeing adaptées aux opérations en haute altitude, parfaitement adaptées aux terrains variés de l’Inde.

Cette livraison conclut un contrat de 796 millions de dollars, signé en 2020, portant sur six AH-64E spécifiquement configurés pour l’armée de terre indienne, indépendamment des 22 Apaches déjà en service dans l’armée de l’air. Le premier lot de trois appareils était arrivé en Inde le 22 juillet 2025, avec 15 mois de retard en raison de perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, atterrissant à la base aérienne de Hindon près de New Delhi à bord d’un autre An-124. Ces hélicoptères ont depuis renforcé le 105e régiment « Kumaon », améliorant ses capacités de lutte antichar et son appui aérien rapproché, notamment dans la région sensible du Ladakh oriental.

L’utilisation de l’Antonov An-124, appareil soviétique opéré par Antonov Airlines en Ukraine malgré les tensions géopolitiques, illustre sa capacité de charge exceptionnelle, pouvant transporter plus de 150 tonnes. Ce type d’appareil est idéal pour acheminer des cargaisons militaires hors normes comme ces Apaches, qui nécessitent un démontage partiel pour le transport. Le vol depuis Leipzig, un nœud logistique majeur européen pour les transports lourds, souligne l’importance des chaînes d’approvisionnement mondiales dans le cadre des accords de défense entre les États-Unis et l’Inde sous l’égide du Quad.

Peu après l’atterrissage, les réseaux sociaux spécialisés en défense se sont enflammés avec des photos haute définition : on y voit un Apache isolé, rotors repliés, entouré de caisses d’avionique et de munitions ; une autre image montre la rampe avant de l’An-124 baissée, prête pour le chargement, avec des chariots élévateurs et des cônes de sécurité ; une dernière capture le géant des airs aux couleurs bleu et jaune brillant sous le soleil de l’Arizona, dominant la scène par sa taille imposante.

Après chargement, l’Antonov devrait repartir dans les prochains jours de KIWA, en direction de l’est via l’Atlantique, avant sa dernière étape vers une base aérienne indienne, probablement à nouveau Hindon, pour le remontage des hélicoptères et la cérémonie de remise. Ce calendrier s’inscrit dans la volonté de l’Inde de mettre en œuvre sa flotte d’Apache face à la recrudescence des tensions régionales, notamment avec la Chine et le Pakistan à ses frontières.

Boeing, maître d’œuvre du programme, souligne les apports des upgrades « Guardian » des AH-64E, comme un système amélioré de ciblage monté sur casque et une détection avancée des menaces, renforçant le rôle de ces appareils comme multiplicateurs de force pour l’infanterie mécanisée indienne. Avec ce second lot, l’armée de terre disposera d’une capacité opérationnelle complète pour son escadron d’hélicoptères d’attaque début 2026, une décennie après le lancement des négociations.