- Qui est Zohran Mamdani et qu’est-ce que le socialisme démocratique ?
- Repenser le budget de la défense
- Réduction des programmes d’armes coûteux
- Réduction de l’empreinte militaire mondiale
- Un bouleversement fondamental de la politique étrangère
- Quelle serait la mission de notre armée sous un président socialiste comme Zohran Mamdani ?
- Une force plus petite et spécialisée
- Quel traitement pour les militaires et les anciens combattants ?
- Réalisme politique et opposition
- Conclusion
Le terme « socialiste » est fréquemment employé ces derniers temps, souvent suscitant des réactions passionnées. Mais avez-vous déjà réfléchi à ce que cela signifierait pour la plus grande institution de notre pays ? Imaginons un instant : si un socialiste comme Zohran Mamdani devenait président des États-Unis, quel serait l’avenir de notre armée ? Devenir maire de New York ne serait-il qu’une première étape, comme cela semble probable en cas d’élection ? Et même un simple succès pourrait-il encourager d’autres socialistes à se porter candidats à la présidence en 2028 ?
Cette question dépasse le cadre d’un débat politique abstrait ; ses conséquences toucheraient des millions de personnes, notamment le personnel en service actif, les anciens combattants et leurs familles à travers tout le pays. Pour comprendre ce qu’un tel changement impliquerait, il convient de dépasser la rhétorique enflammée des médias et d’examiner les idées fondamentales qui animent ce courant politique.
Qui est Zohran Mamdani et qu’est-ce que le socialisme démocratique ?
Commençons par identifier clairement le personnage. Zohran Mamdani est un député de l’État de New York représentant une partie de Queens. Il est également un membre éminent des Democratic Socialists of America (DSA).
Le DSA est la plus grande organisation socialiste des États-Unis, et son influence au sein du Parti démocrate ne cesse de croître. L’élection de Mamdani illustre cette évolution : il a remporté son siège face à un titulaire installé lors d’une primaire démocrate disputée. Sa victoire s’inscrit dans une vague de succès progressistes similaires à ceux d’Alexandria Ocasio-Cortez et Jamaal Bowman, qui ont tous deux évincé des figures puissantes comme Joe Crowley.
Un aspect essentiel de leur programme concerne la révision du rôle de l’Amérique dans le monde, position défendue depuis longtemps par des personnalités comme Bernie Sanders. Ils appellent régulièrement à cesser de jouer le rôle de « gendarme du monde » et à remettre en cause l’influence de Wall Street dans la politique étrangère. Ces orientations impliquent naturellement de nombreuses interrogations sur la taille et la mission de nos forces armées.
Repenser le budget de la défense
Le premier changement notable serait vraisemblablement une réduction significative du budget de la défense. Les socialistes estiment que les États-Unis dépensent beaucoup trop pour leur armée, avec un budget supérieur à la somme des dix pays suivants. Ils défendent l’idée que ces fonds seraient mieux investis dans des programmes sociaux bénéficiant aux familles ouvrières.
Mais d’où viendraient concrètement ces coupes ? Le budget militaire est une machine énorme et complexe, protégée par de puissants intérêts. Voici quelques pistes envisagées sous une présidence socialiste.
Réduction des programmes d’armes coûteux
Un président socialiste ciblerait très probablement les systèmes d’armes les plus onéreux et controversés. Des projets comme le chasseur F-35, connu pour ses dépassements de coûts et ses problèmes techniques, seraient parmi les premiers à être remis en cause. Le bombardier furtif de nouvelle génération B-21 Raider serait également soumis à un examen critique et pourrait être annulé.
L’argument sous-jacent est que ces armes sont conçues pour des guerres à grande échelle contre des puissances majeures comme la Russie ou la Chine. Si la politique étrangère américaine privilégie le non-conflit global, le besoin de ces systèmes sophistiqués s’effondrerait. L’attention serait alors tournée vers la défense du territoire national et la gestion des crises internes.
Réduction de l’empreinte militaire mondiale
Un autre levier majeur économiseur serait la fermeture d’un grand nombre de bases militaires américaines à l’étranger. Les États-Unis possèdent actuellement environ 750 installations militaires dans plus de 80 pays.
Pour une administration socialiste, beaucoup de ces bases seraient perçues comme des vestiges de la Guerre froide et des symboles de l’impérialisme américain. Ces implantations sont souvent accusées de générer plus de tensions qu’elles n’apportent de paix. Leur fermeture constituerait un pilier d’une nouvelle politique étrangère axée sur la désescalade et la coopération internationale.
Un bouleversement fondamental de la politique étrangère
Le changement le plus important serait sans doute la refonte totale de la politique étrangère américaine. Le slogan « America First » prendrait un sens radicalement différent sous un président socialiste : il s’agirait désormais de prioriser la santé, l’éducation et le bien-être des Américains face aux enjeux de sécurité intérieure ou aux interventions militaires à l’étranger.
Cela représenterait un écart majeur par rapport aux approches traditionnelles des partis démocrate et républicain depuis plus de sept décennies. Des alliances de longue date, comme l’OTAN, seraient réévaluées, voire restructurées. L’objectif serait de passer d’une position de domination militaire à un partenariat sur un pied d’égalité sur la scène mondiale.
Quelle serait la mission de notre armée sous un président socialiste comme Zohran Mamdani ?
Avec un budget réduit et une politique étrangère non-interventionniste, la mission militaire changerait radicalement. L’engagement des forces armées dans des opérations de combat à l’étranger serait délaissé. La définition même du « service national » serait élargie.
Quels seraient les rôles des militaires ? La priorité serait donnée à la défense du territoire national, y compris la cybersécurité et la protection des frontières, bien que ces capacités pourraient être diminuées.
On envisagerait aussi un engagement militaire restreint mais accru dans les missions humanitaires : secours en cas de catastrophes, tant sur le sol américain qu’à l’international. Cela impliquerait davantage d’ingénieurs militaires construisant des ponts après des inondations ou de personnel médical intervenant face à des pandémies, plutôt que des déploiements en zones de conflit.
Cependant, en cas de menace émanant de la Chine, de l’Iran, de la Russie ou de la Corée du Nord contre l’OTAN ou les États-Unis, notre capacité de défense ou de dissuasion serait très vraisemblablement réduite, voire inexistante.
Une force plus petite et spécialisée
Ces transformations impliqueraient un effectif militaire plus restreint. La disparition des engagements à l’étranger entraînerait nécessairement une diminution du nombre de soldats actifs, probablement de plusieurs centaines de milliers au cours d’un mandat présidentiel.
Cependant, cette réduction ne se ferait pas de manière brutale. Elle serait progressive, planifiée sur plusieurs années, avec des incitations à la retraite anticipée et des programmes de reconversion professionnelle.
Quel traitement pour les militaires et les anciens combattants ?
Ce point suscite de nombreuses inquiétudes. Une baisse du budget militaire signifie-t-elle une diminution du soutien aux personnels ? Au contraire, socialistes et progressistes défendent l’idée inverse.
Ils proposent de réinvestir une part des économies réalisées sur les systèmes d’armes et les bases étrangères dans le personnel. Leur objectif serait de construire la communauté militaire et vétérane la mieux soutenue au monde, en accord avec leur philosophie générale de « mettre les populations avant le profit », applicable aussi aux forces armées.
Mais alors, comment un « affaiblissement » des forces pourrait-il impacter le moral ?
| Domaine militaire | Évolution possible sous un président socialiste |
|---|---|
| Rémunération et avantages | Probable augmentation pour attirer et retenir des personnels qualifiés pour une force plus réduite et spécialisée. |
| Déploiements | Réduction drastique des missions de combat, hausse des engagements humanitaires et de secours en cas de catastrophe. |
| Taille des forces | Réduction significative des effectifs dans toutes les branches des forces armées. |
| Soins aux vétérans | Augmentation massive des financements et extension des services, priorité nationale forte. |
Réalisme politique et opposition
Il va sans dire qu’un président ne peut pas transformer tout cela d’un simple claquement de doigts. Il serait confronté à une opposition majeure, structurée et bien financée.
Le Congrès constituerait un obstacle significatif. Ensuite, il y a le Pentagone et ses anciens hauts gradés, qui ont consacré leur carrière à bâtir la force militaire la plus puissante du monde. Ils utiliseraient certainement leur influence pour contrer toute réforme qui, selon eux, affaiblirait la sécurité nationale, en dramatisant le débat.
Enfin, le complexe militaro-industriel, selon la formule d’Eisenhower, joue un rôle crucial. Les entrepreneurs de défense et leurs lobbyistes exercent un pouvoir considérable à Washington. Ils lutteraient sans relâche, avec le soutien d’organisations comme le Syndicat des Travailleurs, pour préserver les contrats gouvernementaux qui leur assurent leur subsistance, ce qui pourrait entrer en conflit avec d’autres syndicats, comme celui des enseignants, réclamant ces fonds pour les dépenses sociales.
Remporter la mairie d’une grande ville démocrate comme New York serait déjà une étape notable, mais gagner une présidentielle sur ce programme serait un défi historique et quasi unique. Le candidat démocrate serait soumis à une surveillance médiatique intense et à des attaques incessantes en campagne.
Conclusion
Ce scénario hypothétique dévoile la possibilité d’une transformation complète des forces armées américaines. Sous la présidence d’un socialiste comme Zohran Mamdani, on pourrait assister à une armée plus petite, moins interventionniste, et axée principalement sur la défense du territoire national. Ce changement radical serait motivé par la conviction que les dépenses gouvernementales doivent être réorientées du Pentagone vers des programmes sociaux internes, comme la santé et l’éducation.
Cependant, à quel prix ? Si l’on ne croit pas en la paix par la force et que l’on fait confiance à des dirigeants comme Poutine ou Xi Jinping, alors Mamdani pourrait incarner cette vision.
Le chemin vers une telle réalité serait semé d’une forte opposition tant de la part de l’institution militaire, que des industriels de la défense ou même de certains membres du Parti démocrate. C’est un sujet complexe, mais essentiel pour envisager toutes les possibilités lorsque l’on s’interroge : si un socialiste comme Zohran Mamdani devenait président des États-Unis, que deviendrait notre armée ? Que deviendrait le monde ? La Chine envahirait-elle Taïwan ? Les États-Unis auraient-ils encore un mot à dire ?