En août, les avancées territoriales russes en Ukraine ont marqué un ralentissement global par rapport au mois précédent, avant de reprendre de la vigueur durant la dernière semaine du mois, avec notamment la prise pour la première fois de deux villages dans la région de Dnipropetrovsk. La Russie a poursuivi ses frappes aériennes, dont une attaque contre Kiev le 28 août, décrite comme l’une des plus importantes depuis le début de l’invasion. De leur côté, les frappes de drones ukrainiennes ont ciblé des raffineries russes, réduisant d’environ 17 % la capacité de raffinage (soit 1,1 million de barils par jour), entraînant pénuries de carburant, rationnements et flambée des prix dans plusieurs régions.
Les efforts du président américain Donald Trump pour négocier un cessez-le-feu en Ukraine semblent actuellement au point mort. Le Kremlin a reporté une rencontre proposée entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky. Trump a récemment exprimé sa frustration face à l’absence de progrès suite à leur réunion du 15 août en Alaska. Tandis que l’Union européenne attend des sanctions américaines plus dures contre la Russie, Washington aurait discuté avec Moscou de possibles accords énergétiques, dans l’espoir de favoriser la fin du conflit. Le 27 août, les États-Unis ont imposé des droits de douane allant jusqu’à 50 % sur des produits indiens, en réaction partielle aux achats de pétrole russe par l’Inde. Quelques jours plus tard, Poutine a participé au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Pékin, où ses rencontres avec le Premier ministre indien Narendra Modi et le président chinois Xi Jinping ont souligné le rôle international du président russe.
Le 1er septembre, une nouvelle série de lois répressives est entrée en vigueur en Russie. Parmi elles figurent notamment l’interdiction de rechercher des « matériaux extrémistes », le partage de cartes SIM ou de comptes, ainsi que la publicité pour les VPN. En outre, tous les nouveaux smartphones doivent désormais intégrer l’application de surveillance Max et la boutique RuStore.

Le président russe Vladimir Poutine à Pékin le 3 septembre 2025, avant le défilé militaire chinois de la Journée de la Victoire. Crédit photo : Sergei Bobylev, RIA Novosti.
Du 30 août au 1er septembre, la Chine a organisé à Tianjin le sommet annuel de l’OCS, son événement diplomatique majeur. Le sommet a notamment vu une visite prolongée de Vladimir Poutine ainsi que la présence du Premier ministre indien Narendra Modi, en pleine période de tensions entre Washington et New Delhi. La déclaration finale commune a encouragé la coopération dans plusieurs domaines, allant du développement énergétique à la lutte contre la criminalité organisée. Certains membres ont également convenu d’avancer vers la création d’une nouvelle banque de développement. Ce sommet a illustré la volonté de Pékin de consolider un bloc d’États partageant une vision alternative de la gouvernance mondiale, et de renforcer ses relations bilatérales avec les dirigeants présents.
Le lendemain du sommet, la Chine a organisé le 3 septembre un défilé militaire marquant le 80e anniversaire de la victoire lors de la Seconde Guerre mondiale. Cette parade a mis en avant le dernier armement et le matériel militaire avancé, avec une présence conjointe des hauts dirigeants chinois, russes et nord-coréens, affichant une solidarité politique forte.

Défilé militaire du 3 septembre 2025 à l’occasion du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Chine. Crédit photo : Présidence russe.
La Corée du Nord n’a pas publiquement réagi au sommet du 25 août entre le président sud-coréen Lee Jae-myung et Donald Trump, mais a dénoncé la portée des exercices militaires conjoints américano-sud-coréens menés en août. Le 2 septembre, Kim Jong Un s’est rendu à Pékin pour sa première visite depuis 2019. Sa participation au défilé militaire du 3 septembre, installé aux côtés de Xi Jinping et Vladimir Poutine, a mis en lumière l’importance stratégique de Pyongyang pour Pékin et Moscou. Bien que la Chine rejette officiellement toute coopération trilatérale formelle avec la Russie et la Corée du Nord, la posture commune de ces leaders traduit une unité résolument anti-occidentale, tout en renforçant la stature internationale du dirigeant nord-coréen.
En outre, Kim Jong Un a inspecté une nouvelle « ligne de production combinée de missiles » dans une grande entreprise d’armement, soulignant que la Corée du Nord a réalisé les objectifs fixés par le Congrès du Parti sur l’expansion de ses capacités de production de missiles. Il a également visité un institut de matériaux chimiques à l’origine d’un nouveau moteur à combustible solide destiné à équiper un missile balistique intercontinental, le Hwasong-20.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors d’une rencontre à Pékin avec Vladimir Poutine, 3 septembre 2025. Crédit photo : Présidence russe.
Le 28 août, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont annoncé le déclenchement du mécanisme dit de « snapback » prévu dans la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU dans le cadre du Plan d’action global commun de 2015, visant à rétablir les sanctions de l’ONU suspendues à cette date. Cette démarche, qui ouvre une période de 30 jours avant la remise en vigueur des sanctions précédentes, fait suite à l’échec des négociations de dernière minute entre diplomates européens et iraniens sur la reprise des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique, suspendues par Téhéran après des attaques israéliennes et américaines contre ses installations nucléaires en juin.
Malgré les protestations iraniennes quant à la légalité et la pertinence de cette initiative européenne, ni l’Iran ni ses soutiens au Conseil de sécurité – la Chine et la Russie – ne peuvent empêcher un processus conçu pour contourner le droit de veto des membres permanents. L’Europe insiste sur la possibilité d’une suspension si l’Iran coopère en réaccordant l’accès aux inspecteurs internationaux, en localisant ses stocks d’uranium enrichi, et en reprenant le dialogue avec Washington. Les États-Unis, tout en saluant cette décision européenne, réaffirment leur disposition à un engagement direct avec Téhéran. Toutefois, le gouvernement iranien demeure réticent à négocier avec l’administration Trump et à exposer ses installations nucléaires aux contrôles, rendant l’issue incertaine.

Le président iranien Masoud Pezeshkian lors du 17e sommet de l’Organisation de coopération économique à Khankendi, Azerbaïdjan, en juillet 2025. Crédit photo : Service de presse de la présidence de la République d’Azerbaïdjan.
Le 1er septembre, les services de renseignement irakiens ont annoncé avoir démantelé un réseau financier de l’État islamique (EI) en Afrique de l’Ouest, qui transférait des fonds de la branche nigériane vers la « province » irakienne du groupe terroriste pour pallier un déficit budgétaire. Cet événement illustre que le centre de gravité de l’EI s’est désormais déplacé vers l’Afrique de l’Ouest. Il y a une décennie, l’organisation contrôlait des territoires en Irak et en Syrie, envoyant des ressources financières à ses provinces périphériques pour renforcer leurs capacités et assurer l’uniformité de leur modèle opérationnel. Depuis l’effondrement des bastions centraux de l’EI entre 2017 et 2019, cette dynamique s’est inversée. Aujourd’hui, plusieurs de ses dirigeants clés ainsi que les services de propagande et financiers sont basés dans des pays africains comme la Somalie ou le Nigeria. En 2025, l’EI n’a revendiqué que huit attaques en Irak, un niveau historique bas. Le groupe pourrait tenter de profiter de l’instabilité en Syrie ou de nouveaux financements, mais son cœur de puissance est clairement africain.

Jihadistes en Somalie prêtant allégeance à l’État islamique en 2015. Crédit photo : Abnaa ul-Caliph.