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Ferguson Marine, chantier naval situé à Port Glasgow, a annoncé un programme de départs volontaires pouvant concerner jusqu’à 70 salariés, soit environ un quart de ses effectifs, en raison de la réduction des travaux liés à la construction du ferry Glen Rosa.

Paul Sweeney, député écossais travailliste et ancien ouvrier du chantier naval, dénonce une « politique industrielle incohérente » du gouvernement écossais, responsable selon lui de la perte d’emplois actuels. Il pointe notamment la décision d’attribuer la première phase du Small Vessel Replacement Programme à un chantier naval polonais, Remontowa à Gdansk, plutôt qu’à Ferguson Marine, pourtant détenu par le gouvernement écossais.

Cette décision est présentée comme la cause directe des pertes d’emploi. Sweeney souligne que le gouvernement écossais aurait pu directement attribuer cette première phase à Ferguson Marine, à l’image de son intention affichée de lui attribuer la phase deux. Cela aurait permis un flux stable de commandes, structurant l’ensemble de la chaîne de production du chantier, allant de la fabrication de l’acier aux essais en mer.

Selon lui, l’opportunité de transformer Ferguson Marine en une sorte de « fabrique de ferries » a été gâchée, qualifiant cette décision de « opportunité négligée de manière criminelle ».

Le ralentissement des commandes est attribué à l’arrêt du travail en sous-traitance et à l’achèvement du ferry Glen Rosa. Le programme de la Type 26 pour BAE Systems s’étant également conclu, le chantier fait face à un vide d’activité. Le gouvernement écossais tarde à confirmer l’attribution de la phase deux du programme, ce qui aggrave la situation.

Sweeney alerte sur la perte des compétences clés au sein du chantier, qualifiée de dévastatrice et difficile à reconquérir, affectant la compétitivité à moyen et long terme.

Il évoque aussi des questions juridiques sur les aides d’État, expliquant avoir suggéré l’utilisation des dispositions du Subsidy Control Act permettant des attributions directes fondées sur la sécurité nationale, proposition rejetée par le gouvernement écossais. Pourtant, ce mode d’attribution est encouragé par le Trésor britannique et le Cabinet Office pour le secteur naval.

Il déplore également une fuite importante des commandes à l’étranger, malgré un pipeline d’ordres gouvernementaux identifiés pour les trois prochaines décennies.

En défense de Ferguson Marine, il rappelle que le chantier a récemment mené à bien un contrat majeur pour BAE Systems et souligne la nécessité du soutien étatique dans les industries lourdes comme la construction navale. Il cite en exemple Meyer Werft en Allemagne, nationalisé en 2024, avant d’obtenir un marché de 10 milliards d’euros.

Le député critique le fait que l’Écosse ne propose pas de financement de projets naval via sa banque d’investissement, contrairement à d’autres nations, ce qui handicape le chantier dans la conquête de contrats commerciaux et le rend dépendant des commandes publiques, souvent attribuées à l’étranger.

En réponse, le secrétaire à l’économie Stephen Flynn souligne que les réductions d’effectifs visent à rendre le chantier plus compétitif et à garantir sa viabilité à long terme, précisant que ces départs n’affecteront pas le ferry Glen Rosa. Il rappelle également que l’intention d’attribuer directement quatre navires est toujours en cours d’examen.

Le directeur général de Ferguson Marine, Graeme Thomson, affirme que la continuité de la capacité de construction est essentielle, que des mesures proactives sont nécessaires malgré les difficultés, pour maintenir le chantier prêt à démarrer rapidement la nouvelle flotte.

Enfin, le gouvernement écossais a annoncé en mars 2026 son intention de procéder à une attribution stratégique directe à Ferguson Marine concernant deux ferries du Small Vessel Replacement Programme ainsi qu’un navire de protection marine et un navire de recherche marine.

Sources : ukdefencejournal