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Il y a un peu plus d’un an, le Secrétaire adjoint à la Défense a publié une note actualisant les exigences relatives à la gestion des risques pour la santé cérébrale liés à des sources souvent négligées de surpression, notamment lors de l’entraînement avec des systèmes d’armes courants. Ce document définit les exigences et orientations du Département de la Défense (DoD) pour gérer les risques sanitaires encourus par le personnel exposé à la surpression d’explosion (Blast Over Pressure – BOP). Il fournit également des informations sur les risques, les moyens de les atténuer, les équipements de protection individuelle recommandés, ainsi qu’une identification des catégories de personnels les plus exposés. Un guide associé offre des techniques spécifiques pour ces pratiques.

Surpression de souffle et risques de santé cérébrale

Depuis longtemps, les dangers du BOP résultant des engins explosifs improvisés (EEI) et autres explosions de haute intensité sont connus. L’apparition soudaine d’une onde de pression et d’une surpression atmosphérique entraîne des blessures physiques telles que des traumatismes crâniens (TBI), ainsi que des pertes auditives et visuelles. Les conséquences sur nos soldats sont considérables : en 2020, 1,3 million de vétérans bénéficiaient d’aides pour des pertes auditives, tandis que près de 500 000 d’entre eux avaient subi des traumatismes crâniens.

Ce que nous avons découvert, c’est que nos forces sont également exposées au BOP lors des entraînements au combat, au même titre que sur le théâtre des opérations en conditions réelles.

La politique mise en avant cible tout particulièrement les expositions à une surpression dépassant 4 livres par pouce carré (psi), seuil à partir duquel les études démontrent des effets néfastes sur la santé cérébrale et les performances cognitives, tels que maux de tête, temps de réaction allongé, difficultés d’attention et pertes de mémoire. Ces effets peuvent être le résultat d’expositions aiguës (ponctuelles ou à court terme) comme répétées ou continues.

Outre les dommages aux personnels manipulant ces armes, les plateformes sur lesquelles elles sont montées – véhicules légers, aéronefs, ainsi que leurs équipements associés comme capteurs ou autres systèmes d’armement – peuvent également être affectées. Cela englobe notamment les munitions guidées, les ogives à autodétonation par proximité et le matériel de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR). Aujourd’hui, alors que la menace des drones s’accroît, les systèmes de détection et de conduite de tir contre ces engins commencent à être déployés. Les défaillances causées par la surpression entraînent des coûts accrus, des périodes prolongées d’immobilisation pour maintenance et, dans certains cas, des pertes humaines.

La note de politique n’empêche ni ne limite de manière déraisonnable les commandants dans la conduite d’entraînements indispensables à la mission. Elle instaure plutôt des mesures concrètes de gestion du risque afin de réduire et de suivre les expositions au BOP au sein des forces armées.

Un point de critique concerne cependant le choix des catégories professionnelles spécifiques mentionnées comme étant à risque, qui omet certaines spécialités combattantes (par exemple les sous-officiers AFSW) ainsi que les personnels de soutien directement rattachés aux forces de combat rapproché, qui sont fréquemment amenés à manipuler des armes d’équipage en entraînement comme en actions défensives. Une approche plus large, couvrant le personnel affecté à certains types d’unités, aurait été préférable.

Cette précision a son importance pour deux raisons : d’une part, certains responsables pourraient négliger des personnels lors de l’évaluation des risques, et d’autre part, l’administration des anciens combattants pourrait se référer strictement à cette liste pour refuser certains services ou compensations à ceux qui n’y figurent pas.

Gestion du risque de surpression

Quelle que soit la liste officielle, la réalité demeure : toute personne utilisant ou proche de ces systèmes d’armes au moment du tir est exposée aux mêmes forces de surpression. Heureusement, l’armée commence à prendre des mesures pour limiter ces expositions inutiles et atténuer les effets lorsque c’est possible. Dans les prochaines semaines, nous analyserons comment l’industrie collabore avec les autorités pour établir des normes de réduction de la surpression et les appliquer aux systèmes d’armes à travers des équipements de protection individuelle non conventionnels, tels que les silencieux de tir.