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Depuis la levée progressive des sanctions internationales en 2025-2026, la Syrie sous la présidence d’Ahmed al Sharaa connaît une phase de réintégration économique notable avec des investissements significatifs venus notamment de Turquie et des pays du Golfe, ainsi que la reprise de financements internationaux.

Malgré ce contexte favorable à l’économie, la situation intérieure reste instable. Al Sharaa continue d’appliquer une politique étrangère pragmatique et multipolaire, conservant une ligne « zéro problème » avec ses voisins et engageant des relations avec des acteurs conflictuels comme la Russie et Israël. Cette habileté diplomatique lui a permis de tenir la Syrie à l’écart des nouveaux embrasements régionaux.

Cependant, sur le plan domestique, son gouvernement affiche une concentration du pouvoir entre les mains de proches essentiellement sunnites et islamistes, provoquant des tensions communautaires récurrentes, notamment avec les populations alaouites et druzes, marquées par des violences. La réintégration du nord-est syrien, en particulier la zone anciennement sous contrôle kurde du Rojava, est le prochain défi qui déterminera si l’État syrien réussira à bâtir la confiance nécessaire à l’intégration politique et militaire des Forces démocratiques syriennes ou déclenchera de nou velles fractures sectaires.

La réouverture du Parlement syrien représente un pas institutionnel, mais cet organe, partiellement nommé par al Sharaa et sans représentation des régions comme Sweida ni des anciens groupes kurdes armés, suscite des doutes sur son rôle réel, entre contrôle autoritaire et distribution de faveurs aux élites loyales.

Le bilan des interventions occidentales, en particulier américaines, est évalué comme pragmatique, évitant les tentatives de reconstruction politique ambitieuses tout en exerçant une influence suffisante pour limiter l’extrémisme islamiste au sein du régime.

Enfin, si la violence récente traduit une forme de faiblesse dans le contrôle des forces pro-gouvernementales, elle souligne aussi une stratégie de centralisation autoritaire plutôt qu’un engagement réel vers la réconciliation nationale ou la justice pour les crimes de guerre passés. L’espoir repose désormais sur un réel dialogue inclusif, même limité, avec les minorités et l’opposition, indispensable pour consolider la stabilité et empêcher un retour de l’influence iranienne.

Sources : Warontherocks