Taïwan prévoit de doter sa défense d’un parc pouvant aller jusqu’à 1 600 navires d’attaque de surface sans équipage dans le cadre d’un budget spécial de défense s’élevant à 1,25 trillion de dollars taïwanais (environ 39,8 milliards de dollars US), destiné à renforcer la dissuasion, selon des sources officielles.

La construction des coques est considérée comme relativement simple, tandis que le principal défi technique porte sur l’intégration des systèmes d’armes. Cela implique de combiner des charges explosives à haut pouvoir destructeur avec des capteurs, des systèmes de guidage et une architecture de commandement et de contrôle.

Pour accélérer la production, le Commandement naval de Taipei devrait confier le rôle de maître d’œuvre à l’Institut national des sciences et technologies Chung-Shan (NCSIST). Cet organisme dispose d’une expérience dans le domaine grâce à son programme de navires de surface sans équipage Kuai Chi et a récemment signé un accord de coopération avec le fabricant américain de navires sans équipage MARTAC.

Dans ce cadre, le NCSIST fournira un système d’armes entièrement intégré, et non un simple navire autonome. Cette solution combinera la chaîne de commandement, les capteurs, les modules de guidage et les explosifs en un système unique, avec un déploiement partiel possible dès 2027.

Exigences opérationnelles

La marine et l’armée ont soumis des exigences techniques précises pour que ces navires sans équipage d’attaque répondent aux besoins opérationnels. Le modèle de base devra pouvoir atteindre une vitesse maximale d’au moins 64 kilomètres par heure (40 miles par heure) et disposer d’une autonomie opérationnelle minimale de 460 kilomètres (286 miles).

Ces plateformes doivent être capables d’une navigation autonome ainsi que de l’identification des cibles, intégrer des systèmes d’évitement de collision et fonctionner dans des conditions de mer correspondant au niveau 4 sur l’échelle de Beaufort, soit une mer modérée avec des hauteurs de vagues allant jusqu’à 2,5 mètres.

Par ailleurs, les systèmes devront pouvoir opérer efficacement dans le cadre de missions coordonnées en essaim (swarm). Les navires devront être équipés de capteurs électro-optiques et infrarouges capables de transmettre des images jusqu’à 44 kilomètres, tout en résistant aux interférences affectant les systèmes mondiaux de navigation par satellite et les communications radio.