Alors que le développement du chasseur indigène indien progresse, les inquiétudes concernant les ruptures dans la chaîne d’approvisionnement—en particulier pour les moteurs—deviennent de plus en plus pressantes. Le Tejas Mk-2, destiné à remplacer des plateformes héritées telles que les Mirage 2000, Jaguar et MiG-29 au sein de l’Armée de l’air indienne (IAF), ne peut tout simplement pas se permettre les retards que connaît actuellement le programme Tejas Mk-1A, souligne Pathikrit Payne, chercheur principal à la Dr. Syama Prasad Mookerjee Research Foundation.

Dans une analyse récente, Payne a mis en avant la vulnérabilité stratégique liée à cette dépendance aux moteurs étrangers, particulièrement après les retards dans la livraison des moteurs General Electric F404 destinés au Tejas Mk-1A. Ces délais—attribués aux contraintes globales des chaînes d’approvisionnement—ont déjà impacté les calendriers de production et suscité des doutes quant à la fiabilité à long terme du programme.

Face à ces enjeux, il est crucial pour l’Inde de diversifier ses sources d’approvisionnement en moteurs afin d’assurer la continuité et la montée en puissance du Tejas Mk-2. Développer ou acquérir des moteurs alternatifs pourrait réduire significativement les risques opérationnels liés aux aléas des échanges internationaux et renforcer l’autonomie stratégique du pays dans le domaine aéronautique militaire.

Le Tejas Mk-2 est appelé à jouer un rôle clé dans la modernisation des forces aériennes indiennes, assurant la relève des avions plus anciens qui ont servi pendant plusieurs décennies. Une maîtrise complète de la chaîne logistique, notamment des moteurs, est indispensable pour garantir la disponibilité et la performance de cet avion dans les années à venir.

Les retards récents dans la fourniture des moteurs F404 constituent un avertissement sérieux. En réponse, l’Inde devra impérativement explorer des solutions alternatives, que ce soit par le biais d’un développement national accéléré de moteurs ou par la diversification de ses partenaires industriels, afin de réduire les risques liés à une dépendance excessive sur un nombre limité de fournisseurs étrangers.