Le programme du chasseur léger indien Tejas Mk2 subit un nouveau report important concernant sa présentation et son premier vol. Le président-directeur général de Hindustan Aeronautics Limited (HAL), D.K. Sunil, a annoncé des échéances révisées avec un premier prototype désormais attendu à la fin avril ou en mai 2026, tandis que le vol inaugural est repoussé à la fin 2026 ou au début 2027.
Ce nouveau retard constitue un coup dur pour la communauté de défense indienne, après plusieurs annonces optimistes qui avaient suscité de fortes attentes. Le Tejas Mk2 est destiné à moderniser l’Indian Air Force (IAF) en remplaçant les flottes vieillissantes de Mirage 2000, MiG-29 et Jaguar, mais le programme peine à respecter ses échéances, remettant en question les ambitions aéronautiques indigènes du pays.
Le Tejas Mk2, projet phare de l’initiative « Make in India », avait jusqu’ici bénéficié de prévisions plus encourageantes :
- Août 2024 : le président du DRDO, le Dr Samir V. Kamat, annonçait un premier vol prévu pour mars 2026, affichant une certaine confiance dans la montée en puissance du programme.
- Février 2025 : le Directeur général de l’Aeronautical Development Agency (ADA), responsable du développement du Tejas, indiquait que le premier prototype serait présenté d’ici fin 2025, avec un vol inaugural au premier trimestre 2026.
- Juin 2025 : D.K. Sunil évoquait déjà un léger délai, repoussant le roulage du prototype à 2026, sans donner de date précise pour le vol.
Facteurs des retards
Plusieurs obstacles expliquent ces reports successifs :
- Renforcement de l’indigénisation : la part de composants indigènes est passée de 65 % à 80 %, ce qui impose des ajustements importants de conception et de chaîne d’approvisionnement. L’intégration de systèmes locaux, tels que le radar à balayage électronique actif Uttam AESA et la suite de guerre électronique, nécessite des essais approfondis.
- Financements étalés : le financement approuvé par l’IAF pour la production de 220 à 240 appareils est distribué de manière échelonnée, ralentissant le rythme de développement. En février 2025, 55 % de l’assemblage du premier prototype était achevé, avec les ailes et le fuselage avant en phase finale, mais la suite des travaux pâtit du manque de liquidités.
- Difficultés d’intégration et chaîne logistique : le moteur General Electric F-414-INS6, dont la poussée varie entre 98 et 120 kN et qui assure les performances accrues du Mk2, connait du retard en raison des problèmes d’approvisionnement et de la nécessité de montage local. L’adaptation de systèmes avancés, tels que l’infrarouge IRST et les réservoirs largables de 1 300 et 1 800 litres, complique également la trajectoire du programme.
- Complexité des modifications structurelles : la cellule plus grande du Mk2, avec ses gouvernes canard rapprochées et ses caractéristiques semi-furtives, requiert des tests aérodynamiques et mécaniques rigoureux. La capacité d’emport portée à 6 500 kg et l’électronique de bord améliorée allongent les phases de prototypage.
Selon des sources internes à HAL, citées par divers spécialistes, ces décalages s’expliquent aussi par la volonté d’assurer la fiabilité et la performance de l’avion multi-rôle. L’appareil dispose notamment de 11 points d’emports pour armements, d’une capacité interne de carburant de 3 300 kg et d’une compatibilité avec des missiles indigènes comme l’Astra Mk-2 et le Rudram, autant d’éléments exigeant une validation rigoureuse pour satisfaire l’IAF.