Article de 700 mots ⏱️ 4 min de lecture

Le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, a déclaré que « tout ne va pas bien » au sein des Nations unies et que ses décisions ne reflètent pas les priorités mondiales. Il a notamment souligné comment un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU a protégé le groupe terroriste responsable de l’attaque du 22 avril à Pahalgam.

Lors du lancement à New Delhi d’un timbre commémorant le 80e anniversaire des Nations unies, le ministre Jaishankar a rappelé les sacrifices des Casques bleus indiens et évoqué la récente réunion des chefs d’état-major des armées organisée dans la capitale indienne, à laquelle ont participé des représentants de 30 pays contributeurs de troupes.

Il a ajouté : « Cela dit, nous devons aussi reconnaître que tout ne fonctionne pas bien à l’ONU. Sa prise de décision ne reflète ni sa composition ni les priorités mondiales. Les débats y deviennent de plus en plus polarisés et son fonctionnement est clairement bloqué. »

Pointant la protection accordée par un membre permanent du Conseil de sécurité à un groupe terroriste à l’origine de l’attentat de Pahalgam, S. Jaishankar a affirmé : « Toute réforme significative est bloquée par le processus même de réforme. Désormais, les contraintes financières constituent un nouveau problème. Comment assurer la pérennité de l’ONU tout en cherchant à la réinventer reste un défi majeur pour nous tous. Peu d’exemples illustrent mieux les difficultés de l’ONU que sa réponse au terrorisme. Lorsqu’un membre permanent protège ouvertement l’organisation responsable d’une attaque terroriste barbare, comme à Pahalgam, que reste-t-il à la crédibilité du multilatéralisme ? »

« De même, si victimes et auteurs du terrorisme sont mis sur un pied d’égalité au nom d’une stratégie globale, à quel point le monde peut-il être plus cynique quand des terroristes autoproclamés sont protégés du processus de sanction ? Que dire alors de la sincérité des protagonistes ? Si le maintien de la paix et de la sécurité internationales n’est qu’un discours creux, la situation du développement et du progrès socio-économique est encore plus préoccupante. Le ralentissement de l’agenda des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030 est un indicateur significatif de la détresse du Sud global, » a poursuivi le ministre.

« Les défis sont nombreux, qu’il s’agisse des mesures commerciales, de la dépendance aux chaînes d’approvisionnement ou de la domination politique. Pourtant, en cette occasion notable, nous ne pouvons abandonner l’espoir ; aussi difficile que cela soit, l’engagement envers le multilatéralisme doit rester fort. L’ONU, aussi imparfaite soit-elle, doit être soutenue en cette période de crise. Notre foi en la coopération internationale doit être réaffirmée et renouvelée. C’est dans cet esprit que nous nous réunissons pour célébrer cet anniversaire et chercher à construire un monde meilleur, » a-t-il conclu.

Le ministre Jaishankar a également souligné le lourd tribut payé par les conflits en vies humaines, réaffirmant le soutien sans faille de l’Inde au multilatéralisme onusien.

« Nous sommes malheureusement témoins aujourd’hui de multiples conflits majeurs qui causent de lourdes pertes en vies humaines et affectent le bien-être de toute la communauté internationale. Le Sud global a particulièrement souffert, tandis que les pays les plus développés se sont davantage protégés des conséquences. Le 80e anniversaire représente une étape importante pour toute institution, » a-t-il déclaré.

« En cette Journée des Nations unies, je tiens à réitérer l’engagement de l’Inde envers les idéaux de paix et de sécurité, ainsi que de développement et de progrès. L’Inde a toujours été et restera un fervent partisan de l’ONU et du multilatéralisme. Notre engagement pour la paix et la sécurité mondiale se traduit notamment par notre solide soutien aux opérations de maintien de la paix, et je suis heureux que le timbre inaugural souligne cet aspect particulier, » a-t-il ajouté.