Donald Trump accorde à Vladimir Poutine un délai supplémentaire de 50 jours pour atteindre ses objectifs militaires, qualifiant les avancées russes sur le front de « très positives » lors de sa conférence de presse. Parallèlement, il menace d’instaurer des droits de douane à 100 % contre l’Union européenne, qui importe du pétrole et du gaz russes, tout en suspendant l’aide américaine précédemment accordée à l’Ukraine, forçant les autres pays de l’OTAN à financer ce soutien. Cette décision bloque également de nouvelles sanctions américaines contre Moscou.

Lors de sa conférence, l’ancien président américain a salué la progression de l’offensive russe estivale en la qualifiant de « très forte » et « très positive » :
« And Russia has really taken a very positive – very strong – I mean, what they’ve done the last couple of weeks. »

Selon des informations récentes, Poutine aurait demandé à Trump lors d’un appel téléphonique dix jours plus tôt que la Russie atteigne ses objectifs de guerre dans un délai de 60 jours. Trump vient donc d’accorder un prolongement de 50 jours pour ces « succès très positifs », bien que la Russie ne semble pas en mesure de les réaliser dans ce délai. Une nouvelle prorogation paraît donc probable.

Sur le plan économique, Trump menace de mettre en place des droits de douane secondaires à 100 % contre les pays achetant du pétrole et du gaz russes, ce qui inclut plusieurs États européens et membres de l’OTAN.

Trois scénarios sont envisageables :

  • Trump accorde un nouveau délai à Poutine,
  • L’Union européenne riposte avec des droits de douane à 100 % contre les États-Unis,
  • L’UE cesse d’acheter du gaz russe, plongeant l’Europe dans une nouvelle crise énergétique à la rentrée, avec une flambée des prix de l’électricité.

Par ailleurs, Trump bloque les aides américaines déjà financées et décidées—notamment par l’administration Biden jusqu’à l’automne 2025—comprenant des livraisons d’obus d’artillerie. Dorénavant, ce sont donc les pays de l’OTAN qui devront financer ces envois. Il est probable que ces équipements ne parviendront pas à l’Ukraine avant la fin des 50 jours accordés à Poutine.

Cette prolongation de 50 jours suspend également le vote au Sénat américain sur un nouveau paquet de sanctions renforcées contre Moscou, ce qui permet à certaines entreprises et acteurs de contourner ces mesures sans risquer de sanctions accrues.

Lors de la conférence de presse, Trump a ajouté :

« And, you know, say what you want about Ukraine. When the war started, they had no chance. And they still would have had no chance if the equipment—they had the best equipment. Because we do make the best planes and missiles. And we make the best military equipment in the world, by far. And we have new things coming out that are beyond belief. And I’m very excited about the Golden Dome. It’s going to give us very strong protection. We’ve already started that. But they had courage, because somebody has to use that equipment. And they fought with tremendous courage, and they continue to fight with tremendous courage. But they don’t have – they’re losing on equipment. And Russia has really taken a very positive – very strong – I mean, what they’ve done the last couple of weeks. »

En réponse, le président du Conseil européen Mark Rutte a réagi :

« Sans raisons militaires. C’est ce qu’ils font. Plusieurs centaines de drones par jour, des missiles, des bombardements de villes. Ce n’est pas pour des objectifs militaires. C’est juste pour créer la panique. Ils visent des villes, empêchant les gens de dormir. C’est vraiment terrible et cela cause la mort de nombreuses personnes ainsi que la destruction des infrastructures et des villes entières. »

La communication de Trump apparaît confuse et son attitude soulève des interrogations, même si certains médias et experts – y compris ceux favorables à l’Ukraine – semblent applaudir ses déclarations, illustrant une certaine complaisance face à ses propos. Comme Trump lui-même l’a souligné :

« But I’ve been hearing so much talk. It’s all talk. It’s all talk. »

Il reste à voir si l’Ukraine bénéficiera effectivement d’un nouveau soutien dans les semaines à venir et ce qu’il se passera une fois le délai de 50 jours écoulé.

Sur le terrain, les forces russes ont subi de lourdes pertes hier : environ 1 230 soldats tués, 52 obusiers détruits, 122 véhicules de transport abattus, deux pièces d’artillerie multiples endommagées, ainsi que la perte de quelques chars et véhicules blindés de combat d’infanterie.

Par ailleurs, le Sénat américain a reporté le vote sur l’élargissement des sanctions contre la Russie, facilitant ainsi la continuité des activités de certaines entreprises malgré les restrictions actuelles.

En réaction, l’ex-président russe Dmitri Medvedev a moqué la menace de Trump, affirmant que « la Russie n’en a rien à faire ». Ces propos illustrent une forme de scepticisme, voire de mépris, vis-à-vis des annonces américaines.

Selon des informations reprises par le Financial Times, Trump aurait demandé le 4 juillet au président ukrainien Volodymyr Zelensky s’il était capable de frapper des cibles sur le territoire américain, une question restée sans commentaire officiel de la Maison-Blanche :

« Volodymyr, can you hit Moscow? … Can you hit St Petersburg too? »
« Absolutely. We can if you give us the weapons. »

Enfin, la principale usine de batteries Energia de Lipetsk, en Russie, a été de nouveau la cible de frappes, selon Kyiv Independent. Sans ces batteries, les armes modernes russes, notamment les missiles de croisière et les Iskander balistiques, sont inopérantes.