Le président Donald Trump a confirmé qu’une « grande installation » située sur la côte vénézuélienne a été frappée par les États-Unis la semaine dernière. Il s’agirait de la première attaque américaine sur le sol vénézuélien depuis le renforcement des forces américaines dans les Caraïbes à l’automne.
Lors d’une déclaration à la presse en Floride, lundi, Donald Trump a confirmé qu’une frappe avait été menée sur le territoire vénézuélien le 24 décembre. La cible était une « zone d’implantation » utilisée, selon les allégations américaines, pour charger des drogues sur des embarcations.
« Il y a eu une énorme explosion dans la zone du quai où les bateaux sont chargés de drogues », a déclaré Trump. C’était la première fois qu’il commentait cette opération depuis sa révélation initiale, faite vendredi lors d’une émission de radio à New York.
Le président n’a pas précisé si cette frappe avait été effectuée par l’armée américaine ou par une autre agence, comme la CIA. Il n’a pas donné de détails sur la nature exacte de l’attaque, se contentant d’indiquer que la cible était une installation située « le long du littoral » et qu’elle « n’existe plus ». Il reste cependant flou sur l’étendue des dégâts, la localisation précise de cette installation au Venezuela, ainsi que sur d’éventuelles pertes humaines.
Le Venezuela n’a pas réagi publiquement aux déclarations du président américain. Tant le Commandement Sud des États-Unis que le Pentagone ont renvoyé les questions vers la Maison-Blanche, qui n’avait pas donné suite à nos sollicitations au moment de la publication de l’article. Donald Trump a indiqué avoir eu des échanges récents avec le président vénézuélien Nicolás Maduro, sans toutefois en préciser le contenu.
Le président américain avait révélé cette opération le 26 décembre au cours d’un appel téléphonique avec John Catsimatidis, milliardaire et propriétaire de la station de radio WABC, qui assurait l’animation d’une émission. Lors de cet échange, il avait abordé plusieurs sujets dont les frappes américaines contre des embarcations supposées trafiquant de la drogue et l’opération de bombardement menée le jour de Noël au Nigeria. C’est dans ce cadre qu’il a évoqué l’attaque ciblée contre le Venezuela :
« Ils ont une grande usine ou une grande installation d’où partent les navires. Il y a deux nuits, nous avons frappé cet endroit », avait déclaré Trump. La Maison-Blanche n’a pas répondu aux questions relatives à cette interview.
L’administration américaine accuse régulièrement le gouvernement de Nicolás Maduro d’être impliqué dans des opérations de trafic de drogue, notamment via des bateaux opérant dans la région des Caraïbes. En octobre dernier, Trump avait confirmé avoir donné son accord pour des opérations clandestines à l’intérieur du Venezuela.
Les États-Unis disposent d’une importante force dans les Caraïbes, comprenant un groupe aéronaval, des escadrons de chasseurs et un groupement amphibie embarquant la 22e unité expéditionnaire de Marines. Cette force est déployée dans le cadre de l’opération Southern Spear. Depuis septembre, les forces américaines ont mené 29 frappes aériennes sur des bateaux soupçonnés de trafic de drogue dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique oriental, causant la mort d’au moins 105 personnes. Ces opérations sont supervisées par le Commandement des opérations spéciales américaines.
Ce mois-ci, les États-Unis ont également commencé à intercepter et à monter à bord de pétroliers en provenance ou à destination du Venezuela, dans le cadre d’un « blocus » financé par Donald Trump.