Face à la montée des tensions dans le Golfe, l’administration Trump a mis en garde les navires commerciaux américains contre toute incursion dans les eaux territoriales iraniennes, tout en renforçant la présence militaire américaine dans la région.
Le Département des Transports, par l’intermédiaire de son Administration maritime, a conseillé aux navires d’éviter le détroit d’Ormuz ainsi que le golfe d’Oman. L’avertissement précise que, en cas d’interception par les forces iraniennes, les navires doivent fournir leur nom et leur pavillon, en affirmant qu’ils naviguent conformément au droit international, notamment à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
La directive exhorte les équipages à refuser tout accès non autorisé des forces iraniennes à bord. En cas d’abordage sans permission, elle recommande cependant de ne pas opposer de résistance armée. Ce comportement ne doit pas être interprété comme un consentement ou un accord avec cet abordage.
Selon cette recommandation, les navires commerciaux immatriculés aux États-Unis doivent rester « autant que possible en dehors des eaux territoriales iraniennes sans compromettre la sécurité de la navigation ». Pour les navires transitant vers l’est dans le détroit d’Ormuz, il est conseillé de maintenir leur passage près des eaux territoriales omanaises.
L’administration américaine indique que cette mise en garde s’applique jusqu’au 8 août et précise que les navires se dirigeant vers l’est doivent éviter les eaux iraniennes pour rester plus proches d’Oman.
Cette alerte intervient après les déclarations du président Trump, qui annonçait des « conversations très positives » avec Téhéran, tout en avertissant que l’absence d’accord sur le programme nucléaire iranien pourrait entraîner des « conséquences très graves ».
« Il faut être prêts, a déclaré Trump la semaine dernière. Nous avons le temps. Si vous vous souvenez du cas du Venezuela, nous avons attendu, il n’y a pas d’urgence. »
Du côté iranien, le président du parlement, Masoud Pezeshkian, a qualifié les pourparlers indirects menés à Oman de « progrès », selon Reuters. Toutefois, le ministre iranien des Affaires étrangères par intérim, Abbas Araghchi, a adopté un ton plus prudent dans un entretien avec Al Jazeera. Il a expliqué, selon une traduction, que si les États-Unis attaquaient l’Iran, le pays n’a pas la capacité d’atteindre directement le territoire américain et se verrait donc contraint de riposter contre les bases américaines installées dans la région, lesquelles sont nombreuses.
Ces discussions interviennent dans un contexte de tensions accrues suite à des frappes américaines sur trois installations nucléaires iraniennes en juin, et alors que l’Iran est secoué par des manifestations antigouvernementales ayant causé plus de 6 900 décès, selon l’Agence des droits de l’Homme pour les militants.
Par ailleurs, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit rencontrer le président Trump mardi afin d’évoquer l’élargissement des négociations visant à freiner le programme de missiles balistiques iranien et à mettre fin au soutien de Téhéran à certains groupes armés dans la région.