Plus de 100 soldats de la Garde nationale californienne ont été déployés par avion en Oregon dans la nuit de samedi à dimanche, en réponse à un ordre de l’administration Trump mobilisant 300 membres de cette garde vers l’État voisin. Ce mouvement de troupes nocturne intervient quelques heures seulement après qu’un juge fédéral a bloqué la tentative du gouvernement de federaliser une partie de la Garde nationale de l’Oregon pour les envoyer à Portland.
Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a dénoncé cette décision dès dimanche matin, la qualifiant de « violente abus de pouvoir et de la loi » et annonçant que l’État engagerait une action en justice pour la contester. De son côté, la gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, a confirmé l’arrivée en masse de 101 soldats californiens dans l’État, avec d’autres contingents attendus. Elle a également rappelé à plusieurs reprises qu’aucune insurrection ne sévit à Portland.
« Nous n’avons reçu aucune notification officielle ni correspondance du gouvernement fédéral concernant cette action prise par le Président », a déclaré Tina Kotek. « Cette initiative semble viser délibérément à contourner la décision rendue hier par un juge fédéral. »
Dans la soirée de samedi, la juge fédérale Karin J. Immergut a temporairement interdit la federalisation de 200 soldats de la Garde nationale de l’Oregon et leur transfert à Portland, estimant que la ville ne se trouve pas en état de « rébellion ». Le blocage, en vigueur pour une durée de deux semaines jusqu’au 18 octobre, fait l’objet d’un appel par l’administration Trump.
En juin, l’administration Trump avait déjà federalisé plus de 4 000 membres de la Garde nationale californienne en réponse aux manifestations contre les raids d’ICE (Immigration and Customs Enforcement). Placés sous l’autorité du Commandement nord-américain (NORTHCOM) et sous le cadre légal du Titre 10 du Code des États-Unis, la plupart de ces soldats ont été renvoyés sous commandement local depuis, à l’exception de 300 qui demeurent sous contrôle fédéral.
Les questions concernant ce déploiement ont été transmises par NORTHCOM au Pentagone, qui les a renvoyées à la Maison Blanche. Un porte-parole de cette dernière a affirmé que « le Président Trump a exercé son autorité légale pour protéger les biens et le personnel fédéraux à Portland, suite à des émeutes violentes et des attaques contre les forces de l’ordre ».
Le 26 septembre, Donald Trump avait annoncé son intention de déployer l’armée à Portland, qualifiant la ville de « zone de guerre » et autorisant les forces à user de « toute la force nécessaire ».
Des manifestations quotidiennes de petite ampleur se tiennent depuis à l’extérieur d’une installation d’ICE à Portland. La veille, des protestataires s’étaient rassemblés pacifiquement avant que les forces fédérales ne répliquent par des tirs de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc.
Le mois précédent, un juge fédéral avait jugé que l’utilisation de la Garde nationale californienne par les autorités fédérales constituait une violation de la loi Posse Comitatus, qui limite l’usage des forces armées sur le territoire national à des fonctions civiles. Il avait ordonné la libération des soldats pour retour sous contrôle de l’État, mais cette décision est temporairement suspendue en appel.