Donald Trump et Vladimir Poutine se sont entretenus par téléphone jeudi, au lendemain d’une décision d’un haut responsable américain de suspendre certaines livraisons d’armes à l’Ukraine, destinées à défendre le pays contre les attaques des forces russes.

Trump a annoncé cet échange téléphonique sur son compte Truth Social, précisant que la conversation aurait lieu à 16 heures, heure de Paris.

Le dernier entretien entre les deux dirigeants remontait au 14 juin, dans le contexte du conflit israélo-iranien, qui s’était conclu après que Trump avait ordonné à l’aviation américaine de frapper trois installations nucléaires iraniennes, puis négocié un cessez-le-feu entre les deux pays.

Dix jours plus tôt, ils avaient également discuté du même sujet, moment où Poutine s’était proposé pour collaborer aux négociations nucléaires menées par les États-Unis avec Téhéran.

Cette conversation intervient seulement un jour après que Washington a indirectement renforcé l’effort militaire russe en suspendant certains envois de missiles sol-air, d’obus d’artillerie et d’autres armements, dans le cadre d’une « pause » mondiale dans les livraisons d’armes, expliquent des responsables du Pentagone, afin de reconstituer ses propres stocks.

Cette pause concerne notamment l’exportation de missiles Patriot, de missiles guidés de précision GMLRS, de missiles Hellfire et d’obus pour howitzers, des équipements essentiels pour la défense ukrainienne.

Elbridge Colby, sous-secrétaire à la Défense américaine chargé des politiques, a indiqué dans un communiqué que cette suspension temporaire vise à offrir à Trump « des options solides pour continuer l’aide militaire à l’Ukraine, conformément à son objectif de mettre fin à cette guerre tragique ».

Il a ajouté : « En même temps, le département examine et adapte rigoureusement son approche pour atteindre cet objectif tout en préservant la préparation des forces américaines aux priorités de défense de l’administration ».

Cette pause intervient au moment d’une importante offensive aérienne russe sur l’Ukraine, qui a nécessité l’utilisation massive des missiles intercepteurs Patriot déjà attribués à Kiev.

Elle contraste également avec la promesse du président Trump, formulée lors du sommet de l’OTAN à La Haye le mois dernier, d’envisager la livraison de nouveaux missiles Patriot à l’Ukraine.

Lors d’une conférence de presse, le président américain a déclaré ne pas exclure un nouveau paquet d’aide militaire pour Kiev.

« Nous verrons ce qui se passera », a-t-il déclaré aux journalistes, interrogé sur la possibilité d’un soutien supplémentaire au-delà des 8 milliards de dollars déjà promis par les alliés de l’OTAN dans le cadre de leur soutien continu à l’effort de guerre ukrainien.

Après une séance à huis clos avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Trump a reconnu « un grand courage » dans la résistance ukrainienne face à l’invasion ordonnée par Poutine en février 2022.

Le ton du président à l’égard de Poutine a également évolué, marquant un changement net par rapport à sa posture lors d’une polémique rencontre à la Maison Blanche avec Zelensky en début d’année.

« Vladimir Poutine doit vraiment mettre fin à cette guerre », a-t-il déclaré. « Des gens meurent à un niveau que nous n’avions pas vu depuis longtemps ».

Il a expliqué à la presse comment il avait réprimandé Poutine lors d’un récent appel téléphonique, après que le dirigeant russe s’était proposé pour arbitrer les hostilités entre Israël et l’Iran, insistant sur sa préférence pour une résolution rapide du conflit en Ukraine.

La relation entre Trump et Poutine semble s’être dégradée ces derniers mois, alors que le président russe poursuit ses attaques par drones et missiles contre des infrastructures civiles ukrainiennes, causant des milliers de morts et rendant plus difficiles les efforts de Trump pour convaincre les deux parties de négocier.

En avril, furieux des attaques de Poutine contre les civils, Trump avait utilisé Truth Social pour exhorter le dirigeant russe à cesser les hostilités et à revenir à la table des discussions, écrivant : « Vladimir, ARRÊTE ! 5 000 soldats meurent chaque semaine. Obtenons un Accord de Paix ! »

Depuis, le président américain a évoqué la possibilité d’imposer de nouvelles sanctions sévères à Moscou si Poutine refuse de coopérer aux initiatives américaines visant à mettre fin à ce conflit qui dure depuis plus de trois ans.