Le président américain Donald Trump a déclaré samedi que les pays dépendant du pétrole transitant par le détroit d’Hormuz doivent prendre la responsabilité de garantir la sécurité de ce passage stratégique, avec l’aide des États-Unis.
Depuis le début du conflit déclenché par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, le prix mondial du pétrole a bondi de 40 %, l’Iran ayant entravé le trafic maritime vital en menant des attaques sur des installations énergétiques du Golfe.
« Les États-Unis ont infligé une défaite totale et complète à l’Iran, tant sur le plan militaire qu’économique, et dans tous les autres domaines, mais les pays du monde qui reçoivent du pétrole via le détroit d’Hormuz doivent en assurer la sécurité, et nous les y aiderons – BEAUCOUP ! », a affirmé Donald Trump sur les réseaux sociaux.
« Les États-Unis coordonneront également avec ces pays afin que tout se déroule rapidement, efficacement et de manière fluide. Cela aurait toujours dû être un effort collectif, et ce le sera désormais. »
Le président américain, qui a annoncé que les États-Unis commenceraient bientôt à escorter les pétroliers traversant le détroit, a ajouté espérer que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni enverraient des navires pour sécuriser le passage.
Les frappes iraniennes ont quasiment paralysé la circulation maritime dans le détroit d’Hormuz, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial. Ce passage ne mesure que 54 kilomètres de large à son point le plus étroit.
Des alliés réticents
Dans ses messages samedi, Donald Trump a assuré que la capacité militaire iranienne avait été détruite, tout en reconnaissant que Téhéran pouvait encore mener des attaques dans le détroit.
« Il leur est facile d’envoyer un ou deux drones, de larguer une mine ou de lancer un missile à courte portée quelque part le long de ce passage maritime, ou même dedans, peu importe à quel point ils sont battus », a-t-il précisé.
En appelant à la mobilisation de navires pour sécuriser le détroit, il a ajouté : « Les États-Unis vont bombarder intensément les côtes, et continueront à abattre les bateaux et navires iraniens sur l’eau. D’une manière ou d’une autre, nous allons bientôt rendre le détroit d’Hormuz OUVERT, SÛR et LIBRE ! »
Vendredi, l’armée américaine a lourdement frappé des cibles sur l’île de Kharg, essentielle pour l’exportation du pétrole iranien.
Donald Trump a menacé de frapper aussi les infrastructures pétrolières de l’île, qui n’ont pas été touchées lors de ces ataques, « si l’Iran ou quiconque d’autre » interférait avec le passage des navires dans le détroit.
Les alliés américains se montrent toutefois réticents à apporter un soutien militaire direct aux actions contre l’Iran, même s’ils ont déployé des navires de guerre en réaction à l’aggravation du conflit.
Lundi, le président français Emmanuel Macron a visité un porte-avions français envoyé en Méditerranée et a déclaré que la France et ses alliés préparaient une mission « défensive » visant à rouvrir le détroit.
Mardi, un navire de guerre britannique a quitté un port du sud de l’Angleterre pour se rendre en Méditerranée orientale afin de « renforcer la défense britannique dans la région », après une attaque de drone contre la base britannique d’Akrotiri, à Chypre.
