Le président américain Donald Trump a qualifié de « très bonnes » les discussions menées avec l’Iran, après un dialogue indirect entre les deux parties organisé à Oman, annonçant une nouvelle série de négociations la semaine prochaine.
De son côté, l’Iran a exprimé son souhait de poursuivre les pourparlers avec les États-Unis, saluant « une atmosphère positive » lors de cette journée d’échanges dans le sultanat du Golfe.
Alors qu’un groupe naval américain, conduit par un porte-avions, est déployé dans les eaux du Moyen-Orient, les délégations américaine et iranienne ont tenu vendredi des discussions à Mascate, sous la médiation d’Oman, sans rencontrer publiquement leurs interlocuteurs en face à face.
« Nous avons également eu des discussions très bonnes sur l’Iran », a déclaré Donald Trump aux journalistes à bord d’Air Force One, alors qu’il se rendait à son complexe privé de Mar-a-Lago, en Floride.
« Nous allons nous revoir au début de la semaine prochaine », a-t-il ajouté.
Peu après la conclusion des pourparlers, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions visant des entités et des navires liés au transport maritime, dans le but de limiter les exportations pétrolières iraniennes.
Par ailleurs, Trump a signé une ordonnance exécutive autorisant l’administration américaine à imposer des droits de douane sur les produits en provenance de pays commerçant avec l’Iran, menaçant ainsi le commerce de nations telles que la Chine, l’Allemagne et les Émirats arabes unis.
Il n’était pas clair si ces mesures étaient directement liées aux discussions, qui constituent les premiers échanges entre les deux adversaires depuis que les États-Unis ont rejoint Israël dans une guerre contre l’Iran en juin, avec des frappes ciblant ses sites nucléaires.
Alors que l’Iran avait mis en garde contre toute nouvelle menace après que Washington a évoqué la possibilité d’une action militaire, Donald Trump a averti : « Si aucun accord n’est conclu, les conséquences seront très lourdes ».
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, chef de la délégation iranienne à Mascate, a indiqué que les pourparlers avaient porté « exclusivement » sur le programme nucléaire iranien, que l’Occident considère comme une tentative de fabrication d’une arme atomique, tandis que Téhéran affirme qu’il est à but pacifique.
La délégation américaine, menée par l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff et le gendre influent de Trump, Jared Kushner, souhaitait également aborder le soutien de Téhéran à des groupes militants, son programme de missiles balistiques et le traitement des manifestants.
« Dans une atmosphère très positive, nos arguments ont été échangés et les vues de l’autre partie nous ont été communiquées », a déclaré Araghchi à la chaîne officielle iranienne, ajoutant que les deux parties avaient « convenu de poursuivre les négociations ».
Dans une interview à l’agence officielle IRNA, il a exprimé l’espoir que Washington s’abstiendrait de « menaces et pressions » afin que les discussions puissent se poursuivre.
Un pouvoir déstabilisateur
L’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain (CENTCOM), a assisté aux pourparlers, selon des images publiées par l’agence de presse omanaise.
Plusieurs sessions se sont tenues le matin et l’après-midi, les délégations se déplaçant entre différents lieux, notamment la résidence du ministre omanais des Affaires étrangères Badr Albusaidi.
Le ministère des Affaires étrangères du Qatar, allié des États-Unis, a exprimé l’espoir que ces négociations « aboutissent à un accord global qui serve les intérêts des deux parties et renforce la sécurité et la stabilité dans la région ».
La Maison-Blanche a clairement indiqué que son objectif est de contenir la capacité de Téhéran à se doter de l’arme nucléaire, ambition que la République islamique nie fermement.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré vendredi que l’Iran devait cesser d’être un « pouvoir déstabilisateur », en mentionnant son programme nucléaire et son soutien à des groupes qualifiés de « terroristes ».
Il a également appelé « les groupes soutenus par l’Iran » à faire preuve de « la plus grande retenue » en cas d’escalade militaire impliquant la République islamique.
Téhéran fournit un appui à de nombreuses formations dans la région, notamment le Hezbollah au Liban, le Hamas dans la bande de Gaza, les Houthis au Yémen ainsi que divers groupes armés en Irak.
Une « pression maximale »
Donald Trump avait initialement menacé le mois dernier d’une action militaire contre Téhéran en raison de la répression violente des manifestations, durant laquelle des milliers de personnes ont trouvé la mort selon les organisations de défense des droits humains, promettant même aux manifestants que « l’aide arrive ».
Les puissances régionales, dont la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar, avaient exhorté les États-Unis à ne pas intervenir militairement et appelé Washington et Téhéran à renouer le dialogue.
L’Agence humanitaire des droits de l’homme basée aux États-Unis (HRANA) a confirmé vendredi que 6 505 manifestants ont été tués, ainsi que 214 membres des forces de l’ordre et 61 personnes non impliquées.
Ces chiffres devraient encore augmenter, car l’ampleur de la répression a été dissimulée par la coupure totale d’Internet imposée par les autorités depuis plus de deux semaines, selon les ONG.
À ce jour, 51 000 arrestations ont été recensées, accompagnées d’un « recours croissant aux aveux forcés », précise HRANA.
Cependant, la rhétorique de Donald Trump ces derniers jours s’est concentrée sur la limitation du programme nucléaire iranien, tandis que les États-Unis ont déployé un groupe naval, avec le porte-avions USS Abraham Lincoln à sa tête, dans la région.
L’Iran a maintes fois promis de riposter en cas d’attaque contre des bases américaines dans la région.
Les nouvelles sanctions visant à réduire les exportations de pétrole iranien interviennent alors que Trump « s’engage à réduire les exportations illicites de pétrole et de produits pétrochimiques du régime iranien dans le cadre de la campagne de pression maximale de l’administration », a déclaré le porte-parole du Département d’État, Tommy Pigott.