Le président des États-Unis, Donald Trump, a suggéré jeudi que l’OTAN devrait envisager d’expulser l’Espagne en raison de son faible budget militaire, en pleine controverse sur les dépenses de défense du pays européen.
Lors du sommet de juin, les membres de l’alliance ont convenu d’augmenter significativement leurs budgets de défense jusqu’à 5 % du PIB, répartis en 3,5 % pour les besoins militaires essentiels, dont le personnel et les armements, et 1,5 % pour les dépenses connexes telles que l’infrastructure. Cette décision répond à une priorité majeure de Donald Trump, qui souhaite voir les Européens investir davantage dans leur propre sécurité.
« Il n’y a aucune excuse pour ne pas atteindre cet objectif », a déclaré Trump. « Franchement, peut-être faudrait-il envisager de les expulser de l’OTAN ».
Durant son premier mandat à la Maison-Blanche, Trump avait déjà émis des critiques similaires à l’encontre de pays comme la Norvège et l’Islande, menaçant de retirer leur protection au sein de l’Alliance faute d’efforts suffisants en matière de défense.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, avait alors refusé de s’engager à atteindre cet objectif de 5 %, qu’il juge « incompatible avec notre modèle social et notre vision du monde ».
Selon lui, l’Espagne fait face à des menaces différentes de celles des autres pays européens. « Notre menace n’est pas que la Russie traverse les Pyrénées avec ses troupes », avait-il expliqué en mars, contestant ainsi la nécessité d’une hausse des dépenses militaires.
Lors d’une rencontre dans le Bureau Ovale avec Alexander Stubb, président finlandais et dirigeant du deuxième État le plus récent à rejoindre l’OTAN, Trump a souligné que les dirigeants européens doivent persuader l’Espagne d’accroître son engagement envers l’Alliance.
« Ils vont devoir commencer à parler avec l’Espagne », a affirmé Trump. « Il faut qu’ils les appellent pour comprendre pourquoi ils restent à la traîne ».
Une source gouvernementale espagnole a réaffirmé l’engagement de l’Espagne envers l’OTAN et appelé au calme, rappelant que le pays est un membre à part entière et qu’il respecte ses objectifs capacitaires au même titre que les États-Unis.
Trump n’est pas le seul à douter de l’engagement espagnol en matière de défense européenne. Dans un entretien exclusif, Andrew Puzder, nouvel ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, a reconnu « des différences régionales » au sein du continent, tout en se disant « très satisfait » du niveau d’engagement européen.
« Les pays de l’Est sont très préoccupés par la Russie. En avançant vers l’Ouest et le Sud, ces inquiétudes sont un peu moins présentes », a-t-il expliqué, exprimant son espoir que les États-Unis continueront de soutenir l’OTAN.
Lors de la conférence de presse jeudi, Donald Trump a semblé confirmer cette position. Questionné sur la défense de la Finlande en cas d’attaque russe, il a répondu sans hésitation : « Oui, je le ferais, ils sont membres de l’OTAN », ajoutant qu’il le ferait « fermement ».
Les ambassadeurs de l’OTAN se réuniront à Bruxelles le 15 octobre pour évaluer les avancées concernant les engagements financiers, avec l’espoir d’une accélération sous la pression du secrétaire à la Guerre américain, Pete Hegseth.
L’Espagne a rejoint l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord en 1982. Cette alliance collective de 32 membres est particulièrement scrutée depuis l’invasion russe en Ukraine en 2022, qui a marqué le début du conflit terrestre le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.