Article de 831 mots ⏱️ 4 min de lecture

Dans le cadre du conflit en Ukraine, la Russie annonce des avancées significatives dans la prise de deux villes lourdement disputées depuis plus d’un an dans la région de Donetsk. Les forces russes contrôlent désormais Tchassiv Yar et ont fait irruption dans le centre-ville de Pokrowsk, situé plus au sud. Cette dernière est particulièrement stratégique, car elle ouvre l’accès à la plaine ouverte de la région, facilitant potentiellement des manœuvres plus mobiles pour la reconquête du reste du territoire du Donbass. Toutefois, selon les informations russes, les combats continuent dans les deux localités.

Situation à Tchassiv Yar et Pokrowsk

Tchassiv Yar, lourdement détruite par des bombardements prolongés, fait l’objet de combats concentrés sur sa périphérie ouest. Les affrontements y durent depuis l’été dernier, après que la Russie ait lancé une nouvelle offensive début 2024, suite à un premier échec. Depuis juillet, les forces russes ont également cherché à s’emparer de Pokrowsk, un important nœud logistique ukrainien pour l’approvisionnement des lignes de front. Ce point de passage a été en grande partie isolé ces derniers mois, la ville étant progressivement encerclée depuis trois directions.

Des combats urbains toujours intenses

Pokrowsk, à l’instar de Tchassiv Yar, avait été transformée par l’Ukraine en une zone fortifiée. Derniers rapports indiquent que les troupes russes ont réussi à progresser depuis les faubourgs sud-ouest jusqu’au cœur de la ville. Fortes de l’expérience accumulée dans des combats urbains similaires sur ce même front, les analystes s’attendent à ce que les affrontements continuent durant plusieurs mois avant qu’une des parties ne contrôle intégralement les ruines restantes. La rapidité avec laquelle la Russie pourra imposer son contrôle et l’impact de ces victoires potentielles sur la dynamique générale du conflit restent à surveiller.

Parallèlement, les combats se poursuivent sans relâche sur l’ensemble du front. Le long de la frontière entre la région ukrainienne de Soumy et l’oblast russe de Koursk, Moscou a déjà repoussé l’adversaire hors des positions conquises lors de l’offensive de Koursk l’an dernier et s’est avancé jusqu’à une dizaine de kilomètres en territoire ukrainien. Face à cela, l’armée ukrainienne a lancé une contre-attaque récente près d’Andriïvka.

Conflits et avancées localisées de part et d’autre

Plus à l’ouest, l’Ukraine tente depuis plusieurs mois d’isoler la localité russe de Tchiotkino, située dans une avancée du territoire russe, tout en contrôlant une bande de terrain sur la rive droite du fleuve Seim. Cette zone difficile à défendre avait déjà été abandonnée par les forces russes au début de l’offensive de Koursk, qui avaient détruit les ponts dans leur recul. Plus au long de la frontière, l’Ukraine maintient selon ses déclarations plusieurs petites positions en territoire russe, tandis que Moscou cherche à consolider les gains réalisés lors de son offensive vers Kharkiv l’an passé.

De plus, la Russie affirme depuis longtemps avoir entièrement conquis l’oblast de Louhansk, officiellement annexé par Moscou, alors que l’Ukraine revendique toujours la possession de deux petites zones dans cette région. Dans le sud-est, les troupes russes ont progressé à faible profondeur dans l’oblast de Dnipro, qui n’est pas revendiqué par la Russie. Le long du fleuve Dnipro, que le conflit a contraint à revenir à son lit historique après la destruction du barrage de Kakhovka il y a deux ans, les forces russes poursuivent leurs tentatives d’avancée.

Une situation encore défavorable pour l’Ukraine

Dans l’ensemble, la Russie conserve l’initiative stratégique depuis le pic de l’offensive ukrainienne à Koursk à l’automne dernier, même après des opérations spectaculaires comme celle nommée « Spinnennetz » ciblant plusieurs bases aériennes russes. Moscou reste en supériorité numérique et matérielle face à Kiev. Après un échec des efforts américains visant à un règlement rapide du conflit depuis l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump, aucune résolution ne semble se dessiner. Il apparaît que Trump lui-même a compris que son homologue russe Vladimir Poutine n’a aucun intérêt à un cessez-le-feu tant que ses troupes continuent de progresser sur le terrain.

Les ultimatums assortis de menaces de sanctions, initialement de 50 puis de 10 jours pour mettre fin à la guerre, sont restés sans effet. L’attitude habituelle de Moscou face aux sanctions occidentales laisse peu d’espoir à leur efficacité. Désormais, la position américaine se limite à fournir des armes financées par leurs partenaires européens. Ainsi, l’Allemagne devrait livrer deux nouvelles batteries de défense aérienne Patriot à l’Ukraine, tout en recevant en échange un remplacement prioritaire produit aux États-Unis.

Stefan Axel Boes