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La semaine dernière, des informations ont fait état d’une percée des lignes de défense ukrainiennes près de la ville disputée de Pokrovske, dans la région de Donetsk. Selon plusieurs sources des deux camps, les forces russes auraient progressé de plus de onze kilomètres au nord-est, dans le cadre de leurs tentatives d’encerclement de la ville. Certains craignent désormais la possible chute de l’intégralité du territoire encore non occupé de cette région, Pokrovske étant considéré comme une clé d’accès aux plaines dégagées du Donetsk.

Situation à l’est de l’Ukraine le 15 août, 18h00 heure d’été d’Europe centrale.
Situation à l’est de l’Ukraine le 15 août, 18h00 CEST.

Face à cette progression, les autorités ukrainiennes ont redéployé leurs forces pour endiguer l’avancée russe tout en tentant de minimiser l’importance des rapports. La situation s’inscrit dans le contexte actuel du front, lui-même marqué par des conditions difficiles. Il est en effet connu depuis plusieurs mois que de larges portions de la ligne de front ne sont pas occupées de manière continue, notamment en raison d’un manque de personnel significatif côté ukrainien et d’un usage intensif de drones. Il ne s’agit que d’une chaîne plus ou moins dense de positions défensives, où quelques soldats seulement surveillent le terrain à l’aide de drones pour repérer et contrer les mouvements ennemis.

Des tactiques similaires à l’offensive ukrainienne près de Koursk

La Russie adapte également ses tactiques, déployant de petites unités souvent composées seulement de deux soldats qui profitent du couvert du terrain ou de la nuit pour infiltrer les lignes adverses à pied ou en véhicules légers, soit pour recueillir des renseignements, soit pour opérer en profondeur. Selon certains rapports, des brèches observées dans le dispositif ukrainien ont permis à ces groupes de se renforcer localement, même si leur force reste faible au regard de la surface désormais « contrôlée ».

Les autorités russes ne revendiquent pas pour autant un contrôle total de ces secteurs. En réaction, l’Ukraine a ordonné l’évacuation d’environ une douzaine de localités situées dans les communes de Dobropillia et Biloserske, à environ 30 kilomètres au nord de Pokrovske. Cette situation rappelle celle observée au début de l’offensive ukrainienne contre la région russe de Koursk l’année passée, lorsqu’une mobilité exceptionnelle de petites unités ukrainiennes, que l’ennemi n’avait pas anticipée, avait provoqué une forte désorganisation et une panique locale.

La situation ukrainienne reste préoccupante

Malgré tout, la présence russe derrière la ligne officielle de front demeure une menace sérieuse, reflétant le déficit en personnel et en matériel des forces ukrainiennes. Parallèlement aux progrès près de Pokrovske, Moscou a également remporté des gains territoriaux dans d’autres secteurs, notamment à Schtscherbynivka, point sensible également menacé d’encerclement près de Toretsk plus à l’est, ainsi que dans la zone frontalière entre les régions de Donetsk, Louhansk et Kharkiv, au nord de Sloviansk. En parallèle, des blogueurs militaires russes mettent en garde contre des concentrations de troupes ukrainiennes et la possibilité d’une nouvelle incursion transfrontalière en direction de la région de Briansk.

Sur le plan diplomatique, la rencontre entre les présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, qui s’est tenue vendredi dernier en Alaska, s’est achevée sans avancées tangibles. Les détails des discussions liées au conflit en Ukraine et une éventuelle réunion future, potentiellement avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, restent pour l’instant inconnus. Il semble toutefois que Vladimir Poutine ait maintenu ses exigences maximales, réclamant la cession complète des régions de Louhansk, Donetsk, Zaporijjia et Kherson. Le scénario d’un échange de territoires, évoqué auparavant par Donald Trump, n’a plus été abordé.

Stefan Axel Boes