Onze personnes, dont trois enfants, ont été blessées lors du bombardement d’une école à Soumy par les forces russes. Parallèlement, la Suède a adopté la graphie ukrainienne « Kyïv » pour désigner la capitale ukrainienne, tandis que la chaîne publique SVT refuse ce changement, invoquant une volonté d’éviter toute connotation politique.
Le bombardement russe a touché une école à Soumy, blessant onze personnes, dont trois enfants qui habitaient à proximité de l’établissement. Cette attaque s’inscrit dans le cadre d’une guerre d’annexion et de destruction menée par Moscou contre l’Ukraine depuis plusieurs années.
Dans un contexte symbolique et politique fort, le gouvernement suédois a décidé d’adopter la graphie ukrainienne « Kyïv » au lieu de l’ancienne orthographe russe « Kiev » pour nommer la capitale ukrainienne. Cette décision reflète un soutien explicite à l’Ukraine face à son agresseur. De même, les noms d’autres lieux comme « Odesa » et « Donbas » sont désormais transcrits selon les normes ukrainiennes, marquant ainsi une rupture avec la langue russe dominante appliquée auparavant.
Cependant, la chaîne publique suédoise SVT – financée par des fonds publics – refuse de suivre cette évolution. Elle maintient l’usage du terme russe « Kiev », justifiant ce choix par la volonté d’éviter une « prise de position politique » en pleine guerre. Dans une réponse officielle, SVT a déclaré : « La question de Kiev/Kyïv est étroitement suivie. Pour l’instant, nous utilisons encore Kiev conformément aux recommandations de la Mediespråksgruppen (groupe de travail sur la langue des médias). Ils ont choisi de temporiser afin d’éviter toute confusion et de ne pas donner l’impression d’un engagement politique. »
Ce refus a suscité de vives critiques, certains dénonçant une forme de complaisance à l’égard des narratives propagées par le régime russe, perçues comme une tentative d’effacer la culture et l’identité ukrainiennes. Dans ce cadre, plusieurs voix appellent à une réévaluation du rôle et des responsabilités du service public suédois face à la crise ukrainienne.
Sur le plan militaire, la situation reste dramatique. Les attaques contre Kyïv ont fait au moins 30 morts et 91 blessés lors d’une frappe massive la veille. Dix personnes sont toujours portées disparues sous les décombres, ce qui pourrait faire grimper le bilan à 40 victimes selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Par ailleurs, la ville de Kyïv a vu un afflux record de 52 000 personnes qui ont dû se réfugier dans le métro pour échapper aux raids aériens.
Plus au sud, les services de renseignement ukrainiens (SBU) ont mené des actions ciblées contre la base aérienne russe de Saki, en Crimée occupée, détruisant sept hangars et sept avions. Une autre base, Gvardejskoje, a également été frappée, causant la perte de matériel lié aux drones Shahed utilisés par l’armée russe. Ces opérations visent à affaiblir la capacité offensive de l’occupant et à perturber ses appuis logistiques.
Sur le plan sécurité intérieure, la justice suédoise a récemment réclamé la détention provisoire de deux individus suspectés d’engager des activités d’espionnage au détriment de la Suède. Bien que certains détails restent confidentiels pour raisons de sécurité, il est indiqué que les suspects ont des liens avec la communauté asiatique et auraient commis des actes sur le territoire suédois en lien avec le renseignement. Par ailleurs, en Ukraine, un agent russe local a été arrêté à Lviv après avoir tenté de saboter une usine de défense en y provoquant un incendie déguisé en court-circuit électrique.
Enfin, un fait divers lié à la guerre retient aussi l’attention : une tentative d’assassinat attribuée à une femme déguisée en homme, visant un oligarque russe en exil à Monaco, souligne l’intensification du conflit et ses ramifications internationales.
Les tensions linguistiques reflètent ainsi les enjeux culturels et politiques d’un conflit qui oppose non seulement des armées, mais aussi des récits et des mémoires collectives. Le maintien par SVT de la graphie russe « Kiev » met en lumière les défis auxquels sont confrontés les médias publics dans un contexte de guerre d’agression et d’enjeux identitaires majeurs.
