Un nouveau vaste paquet de sanctions contre la Russie est en cours de préparation par l’Union européenne. Pendant ce temps, une pénurie d’essence touche désormais les voies périphériques de Moscou, tandis que la Russie déploie des bases de drones capables de frapper des pays de l’OTAN et la Suède.
Les files d’attente pour le carburant affectent même les boulevards périphériques de Moscou, où il est signalé que l’essence se fait presque totalement rare dans plusieurs stations. Sur le front militaire, la Russie a établi plusieurs nouvelles bases pour ses drones, positionnées à portée des pays de l’OTAN comme la Pologne, la Finlande, ainsi que la Suède et les États baltes.
Dans l’est de l’Ukraine, plus précisément dans les villes de Sloviansk et Kramatorsk, considérées comme des « forteresses ukrainiennes », les combats se poursuivent sans que les forces russes ne parviennent à percer les défenses. Un observateur de terrain souligne que le conflit urbain a évolué : désormais, ce sont essentiellement les frappes à distance, via drones et bombes guidées, qui dominent le champ de bataille, suivies d’infiltrations ponctuelles destinées à occuper les ruines des bâtiments détruits.
« Sloviansk est la ville la plus septentrionale des quatre qui composent la ceinture fortifiée ukrainienne à l’est. Toutefois, il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de véritables forteresses en béton autour ou à l’intérieur de ces villes. Il s’agit d’une appellation symbolique. Les fortifications se résument à des fossés antichar, des barbelés et des obstacles en béton. Contrairement à ce que l’on imagine en Occident avec la ligne Maginot, il n’y a pas ici de complexes souterrains considérables ni d’emplacements de canon importants. Les caves en béton des bâtiments urbains sont ce qui s’en approche le plus. Le reste se compose de bunkers en bois et en terre où les soldats se cachent des drones omniprésents sur le champ de bataille.
Combat urbain rime désormais avec appui à distance : drones, artillerie et bombes guidées mènent les attaques et les destructions.
Il existe une vaste zone grise entre les forces opposées, car la rotation et la logistique des soldats sont difficiles. De manière isolée, des soldats russes infiltrent et occupent certains bâtiments, compliquant leur détection et élimination. La progression est lente, mais c’est ainsi que Pokrovsk a été pris. Les pertes sont importantes pour la Russie, mais elle semble peu concernée. »
Malgré la pression intense des drones FPV russes à Kramatorsk, les défenseurs ukrainiens restent optimistes. Selon les cartes de situation, la Russie se trouverait encore à 10-15 km de Kramatorsk, avec une avancée d’à peine un kilomètre en deux mois environ.
Le conflit reste marqué par un équilibre précaire : le « drone warfare » ralentit les grandes avancées russes, qui compensent par des pertes humaines élevées en échange de territoires limités. De leur côté, les forces ukrainiennes poursuivent des contre-offensives systématiques, particulièrement efficaces sur le front sud. Les bombardements russes détruisent de plus en plus les infrastructures et les villes dans les zones contrôlées par l’Ukraine, qui continue malgré tout de résister.
Sur le plan stratégique, l’Ukraine semble désormais disposer d’un avantage dans le domaine des frappes aériennes profondes et détiendrait un arsenal de roquettes supérieur à celui de la Russie, qui conserve toutefois une capacité de frappe avec des missiles balistiques contre laquelle Kiev ne dispose pas encore de défense efficace, notamment en raison du refus américain de livrer davantage de systèmes Patriot.
Il est impossible de prévoir une fin prochaine à ce conflit. Si l’Ukraine ne perd pas de terrain, cela ne signifie pas pour autant une victoire définitive. Il ne faut pas sous-estimer la Russie, qui continue d’innover tant sur le plan des méthodes que des technologies. La situation pourrait basculer rapidement, notamment avec l’arrivée de l’hiver et le risque accru d’attaques russes sur les approvisionnements énergétiques ukrainiens. Toutefois, l’important volume de roquettes ukrainiennes laisse présager qu’il pourrait faire très froid en Russie également cet hiver.
Par ailleurs, l’Union européenne prépare son plus important paquet de sanctions individuelles contre la Russie à ce jour. Ce nouvel ensemble devrait étendre d’un tiers la liste des personnes, entreprises et organisations sanctionnées, annonce la ministre européenne des Affaires étrangères Kaja Kallas.
La pénurie d’essence à Moscou se manifeste notamment sur les voies périphériques où plusieurs stations affichent des ruptures de stock, perturbant la circulation et provoquant de longues files d’attente.
Sur le plan militaire, plusieurs nouvelles bases de lancement de drones ont été établies pour frapper à courte et moyenne portée. Celles-ci sont équipées de catapultes destinées à lancer des drones kamikazes « Shahed » et des drones à moteur à réaction de type « Geran ». Ces bases permettent à la Russie d’atteindre au moins les pays baltes, la Pologne et l’île de Gotland en Suède. En réalité, la portée effective des drones russes semble dépasser ces zones, pouvant probablement atteindre l’Allemagne, Bornholm et la partie continentale de la Suède.
Le but de ce déploiement est clairement d’intimider les pays occidentaux, menaçant l’OTAN de frappes de drones dans l’objectif de dissuader leur soutien à l’Ukraine.
Le conflit en Ukraine, les questions de défense et de sécurité resteront suivis en continu, avec des mises à jour régulières.
