Article de 535 mots ⏱️ 3 min de lecture

Un ancien chef de la marine indienne, l’amiral Arun Prakash, figure militaire respectée et fervent défenseur des capacités aérospatiales indigènes, a critiqué ce qu’il qualifie de « négativité injustifiée » à la suite d’un article récent évoquant le crash du Tejas lors du salon aéronautique de Dubaï.

L’article en question mettait en avant les vulnérabilités liées aux systèmes importés pour les fonctions les plus critiques du Tejas, suggérant que cela impactait considérablement ses perspectives à l’export. Il affirmait notamment que “cet incident a brutalement stoppé l’élan du programme, effaçant en un instant de nombreuses années de progrès marketing. Plutôt que de renforcer la confiance, l’événement a ravivé de vieux doutes autour de HAL et du Tejas, remettant en cause les perspectives internationales du chasseur indien.”

L’amiral Prakash a rejeté cette interprétation, la qualifiant de trompeuse et contre-productive, appelant à une vision plus éclairée et constructive à l’égard de l’écosystème aérospatial indien. Contrairement à la représentation du Tejas comme vulnérable, il a rappelé que même des programmes de chasseurs légers de renommée mondiale ont connu des accidents en phase initiale, sans toutefois être soumis à un tel scepticisme public.

Il a pris pour exemple le Saab Gripen suédois, souvent cité par les détracteurs du programme Tejas.

« Chasseur léger de référence, le Gripen suédois : développé avec l’aide des États-Unis, équipé du moteur GE et du radar Marconi. Son prototype s’est écrasé moins d’un an après le premier vol. Il a connu deux accidents en démonstration aérienne (1993 et 2017). Pourtant, il a été acheté par cinq pays. Gardons confiance en notre Tejas. »

Le programme Gripen a connu plusieurs accidents médiatisés, notamment :

  • Le crash de son premier prototype en 1989, moins d’un an après son vol inaugural.
  • Un accident catastrophique lors d’un spectacle aérien en 1993, retransmis en direct à la télévision suédoise.
  • Un autre crash lors d’un meeting aérien en 2017 en Thaïlande.

Malgré ces revers, le Gripen a décroché des contrats d’exportation avec cinq pays, démontrant que des accidents précoces ne conditionnent pas la viabilité à long terme d’un programme de chasseurs.

L’amiral Prakash a souligné que les programmes aéronautiques, et en particulier le développement de chasseurs, progressent à travers l’analyse approfondie des accidents, les améliorations techniques et les ajustements graduels. Aucune nation n’a conçu un appareil moderne sans faire face à des obstacles.

Aspect Saab Gripen HAL Tejas Mk1/Mk1A
Aide au développement Technologies US/Royaume-Uni (moteur GE, radar Marconi) Technologies US/Israël/France (GE F404, radar AESA Elta)
Crashes de prototypes 1 (1989, logiciel) 1 (2009, perte de moteur)
Accidents en démonstration 2 (1993 Farnborough, 2017 Singapour) 1 (2025 Dubaï, enquête en cours)
Total incidents en phase initiale 3 2 sur plus de 20 ans
Opérateurs 5 pays (plus de 100 unités exportées) IAF (plus de 40 en service) ; exportations en attente
Valeur d’exportation Plus de 10 milliards de dollars cumulés Potentiel de 5 milliards de dollars (protocole avec l’Argentine)