Le drone de combat turc Baykar Kizilelma a réussi une simulation d’abattage d’un chasseur F-16 de l’armée de l’air turque lors d’essais autour d’Istanbul, en utilisant un missile air-air à moyenne portée. Cette démonstration marque une nouvelle étape majeure dans les capacités de combat aérien non habité de la Turquie.
Lors d’essais réalisés en novembre 2025, le Kizilelma, configuré pour le furtif, a volé en formation avec deux F-16 et a mené un engagement simulé au-delà de la portée visuelle (BVR) grâce à son radar à balayage électronique actif MURAD et à l’interface avancée du missile air-air GÖKDOĞAN. Ce scénario souligne le progrès rapide de la Turquie dans le domaine des drones militaires, la positionnant comme un acteur innovant et disruptif sur la scène mondiale.
Le drone a verrouillé avec une précision totale la cible F-16, exécutant ce que Baykar a qualifié d’attaque directe simulée par le missile GÖKDOĞAN. Cette réussite technologique a impressionné observateurs et spécialistes de la défense, en soulignant l’intégration avancée de systèmes habituellement réservés aux avions de chasse de génération 4.5.
Les images publiées montrent le Kizilelma décollant, s’alignant sur la formation des avions pilotés, activant son système radar et réalisant un suivi en temps réel des objectifs aériens, un exploit habituellement associé aux plates-formes habitées modernes.
Ces tests s’inscrivent dans le cadre de la Milli Teknoloji Hamlesi (Initiative Technologique Nationale) turque, un programme multidimensionnel de transformation industrielle et technologique qui a permis à Ankara de passer d’importateur à exportateur influent dans le secteur de la défense.
Lors de l’exercice, les écrans du centre de commandement avancé de Baykar ont affiché des images radar nettes du MURAD AESA, mettant en évidence le F-16 comme cible dans un contexte de conditions météorologiques complexes, confirmant la maturité opérationnelle de ce radar.
Au-delà d’une simple validation technique, cette simulation représente un message stratégique fort envers les rivaux régionaux ainsi que les marchés mondiaux de l’armement : la Turquie maîtrise désormais la guerre aérienne non habitée à un niveau opérationnel.
Le test s’est déroulé avec le prototype Kizilelma PT-5, lequel subit depuis son premier vol en décembre 2022 une batterie d’évaluations rigoureuses. Baykar a confirmé la réalisation d’une « preuve de vol liée à l’armement GÖKDOĞAN » ainsi qu’un « test de performance du radar MURAD AESA », intégrés parfaitement dans la formation en vol avec les F-16 pour une simulation de combat BVR réaliste.
Ce scénario reproduisait les conditions réelles d’engagement où le drone détecte, trace et attaque un adversaire à distance tout en utilisant sa faible détection pour échapper à la contre-détection.
Durant l’exercice, un F-16 agissait en tant qu’ailier tandis que l’autre tenait le rôle d’avion ennemi, plaçant le Kizilelma au cœur d’un environnement multilatéral et dynamique de combat aérien.
Le drone s’est appuyé sur le MURAD-100A, radar AESA de dernière génération développé par ASELSAN, pour acquérir la cible F-16, transmettre les données au missile GÖKDOĞAN embarqué et simuler un tir confirmé. Baykar a indiqué que la simulation a abouti à un « impact parfait ».
Cette démonstration intervient quelques semaines après le premier vol du Kizilelma équipé de son radar MURAD en octobre 2025, événement qui a été salué par les analystes comme l’élévation du drone à une capacité de combat apparentée à celle d’un chasseur de génération 4.5.
Ces avancées concrétisent une chaîne technologique entièrement indigène, combinant l’ingénierie de Baykar, les capteurs ASELSAN et la conception des missiles TÜBİTAK SAGE, un jalon majeur d’intégration pour un écosystème de défense non occidental.
Greg Waldron