Un rapport parlementaire met en lumière les retards persistants affectant le programme de développement des moteurs d’avion mené par Hindustan Aeronautics Limited (HAL), pointant du doigt les lenteurs dans les approbations, les difficultés d’approvisionnement et l’absence d’infrastructures de test dédiées comme principaux freins.
Une analyse approfondie du Comité des entreprises publiques (CPU) révèle que malgré des financements importants et plusieurs années de travail, les deux projets phares d’aéromoteurs de HAL peinent à atteindre leurs objectifs essentiels. Approuvé pour un budget de 441,41 crores de roupies, le programme concerne le développement d’un turboréacteur de 25 kN destiné à un avion de type Intermediate Jet Trainer (IJT) et d’un turboshaft pour hélicoptères. Depuis 2018, la phase II du programme est en cours sans calendrier clair de finalisation.
Freins liés aux achats et retards dans les approbations
Le Comité souligne que les retards récurrents sont principalement imputables à l’incapacité de HAL à obtenir à temps des composants clés, à cause des obstacles dans les processus d’approvisionnement et de la lenteur des validations administratives pour la construction des infrastructures essentielles de bancs d’essais. Les problèmes liés à la libération des terrains nécessaires aggravent encore ces difficultés, entravant la mise en place des installations indispensables au passage à l’étape suivante du programme.
Le ministère de la Défense a informé la commission que la recherche en matériaux, condition indispensable à la progression du programme, est réalisée par le Defence Metallurgical Research Laboratory (DMRL) et Mishra Dhatu Nigam Ltd (MIDHANI). HAL a par ailleurs passé des commandes d’une valeur de 757,82 crores de roupies auprès de MIDHANI pour soutenir ces travaux.
Tout en reconnaissant les efforts de HAL pour collaborer avec le DRDO, MIDHANI et des fabricants internationaux de moteurs, le Comité constate que ces partenariats ne compensent pas la faiblesse structurelle due à l’absence d’infrastructures d’essais dédiées.
Critique sur l’absence de feuille de route claire pour les essais
Une critique majeure émane du rapport : le ministère n’a pas été en mesure de fournir une feuille de route concrète pour le développement des bancs d’essais, indispensables à la validation des technologies indigènes de moteurs.
« La réponse du ministère reste partielle, car la problématique centrale du développement d’infrastructures dédiées de test demeure non résolue », affirme le Comité. Il insiste sur le fait que l’analyse des écarts ne suffit pas, et doit être suivie d’une mise en œuvre ciblée, avec une clarification budgétaire et des échéances précises.
Le CPU appelle ainsi le ministère de la Défense à accélérer l’évaluation des infrastructures et à soumettre un plan d’action clair détaillant les modalités de financement, les délais et un cadre de responsabilité pour garantir la finalisation du programme.
Importance stratégique et implications
Ces retards surviennent alors que l’Inde renforce sa volonté stratégique de développer des capacités nationales dans le domaine des moteurs d’aéronefs, un secteur longtemps dépendant des fournisseurs étrangers. Le déficit dans le programme moteur de HAL affecte non seulement des plateformes comme l’IJT et les futurs programmes d’hélicoptères, mais met également en exergue les défis systémiques qui perdurent dans l’écosystème de recherche et développement de la défense indienne :
- Infrastructures d’essai et de certification insuffisantes
- Longueurs dans les cycles d’approvisionnement
- Coordination fragmentée entre HAL, DRDO et le ministère de la Défense
- Retards dans la recherche et développement des matériaux et la mise en marche des chaînes d’approvisionnement
Pour que l’Inde puisse atteindre son objectif d’autonomie technologique dans la fabrication de moteurs aéronautiques, il est impératif de combler ces lacunes structurelles.
Perspectives
Les recommandations du CPU placent désormais la responsabilité sur le ministère de la Défense, auquel il revient de présenter un plan d’action clair, financé et assorti de délais précis pour mettre en place les installations d’essais requises et simplifier les processus d’approvisionnement. Sans mesures correctives rapides, le Comité avertit que le programme de moteurs indigènes risque de s’étaler indéfiniment, compromettant ainsi les objectifs globaux du projet Atmanirbhar Bharat visant à renforcer l’indépendance stratégique de l’Inde.