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Un bombardier furtif B-2 a glissé sur plus d’un mile après l’effondrement de son train d’atterrissage gauche sur une piste du Missouri, provoquant un incendie alimenté par le carburant s’échappant d’un réservoir perforé. Face à cette situation critique, le pilote a appuyé de toutes ses forces sur la pédale des freins restants, tentant de maîtriser l’appareil.

Selon le rapport officiel d’accident publié cette semaine par l’Air Force Global Strike Command, le pilote s’est levé de son siège pour exercer une pression maximale sur le frein droit alors que le B-2 dérapait sur son aile gauche sur une distance supérieure à un mile.

Les enquêteurs ont déterminé qu’une série de défaillances dans le système hydraulique avait empêché le verrouillage du train d’atterrissage gauche lors de la préparation à l’atterrissage. Une fois au sol, le train s’est effondré, provoquant la glissade de l’avion sur son aile gauche. Cette chute a généré un incendie suivi d’explosions qui ont ravagé la majeure partie du flanc gauche du bombardier.

Le rapport chiffre les dégâts à environ 300 millions de dollars pour l’appareil et à 27 500 dollars pour la piste endommagée.

L’avion avait parfaitement touché la piste sur une zone appelée « captain’s bars », avant que le train gauche ne cède environ 300 mètres plus loin, entraînant la glissade qui a duré plus d’un mile.

« Le B-2A s’est finalement arrêté à 2 760 mètres de l’endroit de l’atterrissage initial, avec la pointe de l’aile gauche en feu dans l’herbe adjacente », précise le rapport. « Le feu, alimenté par le carburant du réservoir de secours gauche, a provoqué l’explosion de ce réservoir, puis s’est propagé au réservoir externe gauche, qui a également explosé peu après. »

Les deux pilotes du bombardier sont sortis indemnes de cet incident. Le colonel Jesse W. Lamarand, président du conseil d’enquête, a souligné que les pilotes ont correctement réagi aux alertes concernant les défaillances hydrauliques dans les dernières minutes du vol. Cependant, un défaut structurel du système a conduit à l’échec du verrouillage du train d’atterrissage.

Le rapport ne relève aucune faute des équipes de maintenance de la base aérienne de Whiteman dans le Missouri, ni des responsables autorisant et supervisant tous les vols de B-2. Cette base reste le seul site où opèrent ces bombardiers furtifs au sein de l’US Air Force.

L’accident s’est produit lors du retour d’un vol d’entraînement en formation à deux appareils. Le vol avait débuté tôt le matin avec deux B-2, comprenant notamment une formation au perfectionnement du pilote du second bombardier. La mission s’est conclue par la décision d’un des appareils de se poser à la base de Pearl Harbor-Hickam à Hawaï, tandis que l’autre repartait pour Whiteman.

Les avions ont volé vers l’ouest jusqu’à un point de séparation fixé à l’avance ; l’un a alors poursuivi sa trajectoire vers Hawaï tandis que l’autre est revenu vers le Missouri.

Le rapport signale également une erreur des pompiers intervenus sur le site de l’accident. Ceux-ci ont attendu plus de trois minutes avant d’utiliser la mousse Aqueous Film Forming Foam (AFFF), conçue pour éteindre efficacement les incendies de carburant aérien. Le chef des pompiers a hésité à ordonner cette utilisation, pensant à tort que l’AFFF ne devait être appliquée qu’en « dernier recours ». Cette mauvaise interprétation est qualifiée par le conseil d’enquête comme un exemple de « politiques non écrites devenues des normes », un facteur souvent relevé dans les investigations de l’Air Force.

Cependant, il est conclu que l’emploi anticipé de la mousse AFFF n’aurait pas sensiblement limité l’étendue des dégâts subis par l’appareil.