Un croiseur lance-missiles russe a effectué des tirs réels à seulement 30 kilomètres de la frontière norvégienne.
Le Marshal Ustinov, un croiseur de classe Slava affecté à la flotte du Nord russe, a réalisé des frappes d’artillerie et des exercices de combat simulés sur la péninsule de Rybachii, près de la mer de Barents.
Les manœuvres, annoncées par le ministère russe de la Défense, comprenaient des tirs réels avec le canon principal double AK-130 du navire sur des cibles côtières, des simulations d’engagements de missiles ainsi que des exercices de tir contre des cibles de surface sans équipage. Les autorités russes ont affirmé que toutes les cibles avaient été atteintes avec succès. Le navire de guerre devrait également poursuivre dans les prochains jours des entraînements anti-sous-marins, anti-aériens et anti-drones.
La péninsule de Rybachii se situe à moins de 20 kilomètres de la frontière maritime norvégienne. La proximité de cet exercice a suscité l’attention des analystes de la défense et des observateurs régionaux, d’autant plus qu’il intervient dans un contexte d’intensification des activités russes dans une zone grise en Europe du Nord.
Il s’agit de la deuxième intervention en un mois du Marshal Ustinov dans la mer de Barents. Début mars, le croiseur avait participé à des exercices combinant artillerie, missiles et systèmes torpilles. Long de 186 mètres et déplaçant plus de 12 000 tonnes à pleine charge, le navire est armé de missiles sol-air longue portée S-300F Fort, de 16 missiles anti-navires P-1000 Vulkan ainsi que d’un ensemble d’armes anti-sous-marines telles que les lance-roquettes RBU-6000 et des torpilles.
Le Marshal Ustinov embarque également un hélicoptère et dispose de radars et systèmes sonar avancés, ce qui en fait l’un des bâtiments de surface les plus performants de la flotte du Nord russe. Basé à Severomorsk, il fait partie intégrante de la présence militaire russe dans la région arctique.
Le calendrier de l’exercice, qui coïncide avec la période de la Semaine sainte, a renforcé les inquiétudes à Oslo et dans d’autres capitales. La Norvège a maintes fois alerté sur l’accroissement de l’activité militaire russe près de ses eaux septentrionales, en particulier depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Les documents stratégiques récents de l’OTAN soulignent la vulnérabilité des voies maritimes arctiques et nord-atlantiques, des câbles sous-marins et des infrastructures face aux tentatives de déstabilisation russes.