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Un député travailliste écossais met en garde contre la vulnérabilité du Royaume-Uni face aux menaces pesant sur les câbles sous-marins, soulignant qu’une attaque grave pourrait déconnecter le pays de l’économie mondiale.

Dans un post publié sur LinkedIn, Graeme Downie, député travailliste de Dunfermline & Dollar, a décrit un scénario alarmant où les réseaux mobiles tomberaient en panne, l’accès à Internet s’effondrerait, les systèmes de contrôle du trafic aérien seraient affectés et les paiements numériques cesseraient de fonctionner. Les chaînes d’approvisionnement des supermarchés seraient perturbées, les marchés financiers vacilleraient et les hôpitaux devraient retourner à la gestion papier, s’appuyant sur les conclusions du Comité mixte sur la stratégie de sécurité nationale.

Downie s’appuie sur l’évaluation de ce Comité concernant l’impact d’une attaque « catastrophique » contre le réseau britannique de câbles sous-marins. Bien qu’un tel assaut coordonné soit jugé peu probable, il souligne qu’un simple acte d’interférence limitée pourrait déjà avoir des conséquences majeures. « Environ 98 % du trafic internet transite par des fibres optiques sous-marines. Ce sont nos artères numériques. Elles alimentent nos hôpitaux, universités, entreprises et notre économie. Elles maintiennent le Royaume-Uni connecté au reste du monde. »

La dépendance du Royaume-Uni aux câbles sous-marins remonte au milieu du XIXe siècle, avec la première liaison vers la France en 1851, suivie du câble transatlantique en 1865. Aujourd’hui, le réseau mondial s’étend sur environ 1,2 million de kilomètres, en grande partie dans des zones maritimes isolées et difficilement surveillables. Downie rappelle que ces câbles peuvent tomber en panne pour des raisons naturelles, comme l’usure ou des dommages accidentels liés aux engins de pêche, mais ils restent également vulnérables à des actes délibérés. Il évoque en particulier une activité russe suspecte près des infrastructures sous-marines ces dernières années.

« Ce n’est peut-être pas l’image caricaturale de Poutine dans la Manche, les pieds dans l’eau, brandissant une paire de cisailles avec un sourire malicieux, mais un schéma de comportement est bien là et il est temps que nous ne l’ignorions plus. »

Il dénonce une certaine réticence à reconnaître pleinement l’ampleur de la menace, soulignant que des préoccupations budgétaires et l’absence d’incident majeur ont ralenti les actions.

Pour répondre à ces risques, Downie met en avant à la fois des solutions technologiques et militaires. Il cite l’exemple de la Finlande, qui prévoit de déployer des capteurs sous-marins et des systèmes d’intelligence artificielle pour surveiller le trafic maritime et détecter les activités suspectes. Selon lui, des capacités similaires permettraient de disposer d’alertes plus rapides et d’une meilleure identification des responsables en cas de dommages dans les eaux britanniques. Il souligne également le rôle de la dissuasion conventionnelle : le Comité mixte estime que les frégates Type 26 et les avions de patrouille maritime P-8 constitueraient des atouts majeurs pour protéger les approches maritimes, si ces moyens étaient disponibles en nombre suffisant.

« Protéger nos câbles sous-marins n’est peut-être pas une mission glamour, mais c’est une priorité fondamentale pour notre sécurité nationale et la résilience économique du pays. »

Enfin, Downie insiste sur le fait que ce défi dépasse les capacités du Royaume-Uni seul, compte tenu de la nature globale du réseau sous-marin. Il appelle à une intégration renforcée avec les alliés, à des systèmes de surveillance partagés et à des capacités coordonnées de patrouille et de réparation.