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Un drone russe de type Lancet, équipé d’explosifs, a détruit un avion d’attaque au sol ukrainien Sukhoi Su-25 alors qu’il était encore au sol sur la base aérienne de Dolgintsevo, près de Kryvyi Rih.

C’est la deuxième attaque de ce type en l’espace de trois semaines contre un appareil militaire ukrainien stationné sur cette base. À moins que le Su-25 visé ne soit qu’une carcasse abandonnée utilisée comme appât, il apparaît que l’armée de l’air ukrainienne n’a pas tiré les leçons de l’attaque du 19 septembre, qui avait endommagé ou détruit un chasseur Mikoyan MiG-29.

Une vidéo diffusée montre un second drone russe capturant le moment précis de l’impact, alors qu’un Lancet s’approche pour détruire le Su-25, exposé en plein jour à l’air libre sur la base de Dolgintsevo.

La base aérienne de Kryvyi Rih se trouve à environ 72 kilomètres de la ligne de front dans le sud de l’Ukraine. Cette distance suggère que le drone employé était un Produit 53, une version améliorée du Lancet capable d’un rayon d’action de 72 kilomètres, supplantant le modèle plus ancien Produit 51, limité à 40 kilomètres.

Le Produit 53 représente une menace sérieuse pour les régiments de l’armée de l’air ukrainienne basés sur des aérodromes situés dans un rayon de 45 miles de la ligne de front. Cela illustre également les insuffisances des systèmes de défense aérienne déployés sur ces bases avancées.

Les drones Lancet de 25 livres ne sont plus seulement capables de passer les défenses, mais ils opèrent souvent en coordination avec des drones de surveillance qui les guident, agissant ainsi en toute impunité.

Malgré cela, il est encore possible pour l’armée de l’air ukrainienne de s’adapter. La perte d’un MiG-29 et d’un Su-25 n’est pas décisive : les alliés occidentaux ont promis des remplacements en nombre suffisant, permettant de maintenir la capacité opérationnelle malgré les pertes occasionnées notamment par ces drones.

Le 19 septembre dernier, un MiG-29 avait déjà été ciblé par un Lancet sur cette même base de Kryvyi Rih, comme le montrait une autre séquence vidéo, soulignant la vulnérabilité des infrastructures ukrainiennes face à ces munitions persistantes russes.

Il convient de rappeler que, depuis le début de la guerre intensifiée il y a 21 mois, l’armée de l’air ukrainienne pratique la dispersion de ses soixante-dix à cent avions de première ligne afin de limiter l’impact des bombardements russes.

Cependant, les commandants ont surtout optimisé leurs tactiques pour contrer les missiles de longue portée, qui laissent généralement un court temps d’alerte grâce aux renseignements ukrainiens et de l’OTAN permettant de les détecter avant impact. Par contraste, la vitesse et la discrétion d’un petit drone Lancet, opérant à seulement 72 kilomètres, rendent la détection et la réaction beaucoup plus difficiles.

Les avions de combat doivent impérativement rester cachés autant que possible lorsqu’ils sont au sol, et renforcer de manière urgente leurs défenses antiaériennes de courte portée sur leurs bases les plus exposées.

La menace est constante et ne faiblit jamais. Il n’y a ni accalmies ni moments sûrs pour les appareils ukrainiens :

  • les drones russes Lancet et leurs équipes de surveillance opèrent presque sans restriction ;
  • tout manquement à adapter cette nouvelle réalité tactique pourrait coûter de nouveaux avions précieux.

L’efficacité des drones russes au sol illustre la nécessité pour Kiev d’améliorer rapidement ses mesures de protection aérienne afin de sauvegarder ses moyens aériens dans ce conflit prolongé.