Un essai mené par le Defence Science and Technology Laboratory (Dstl) a accéléré le développement d’une nouvelle génération d’horloges atomiques, visant à renforcer la résilience future de la navigation et du synchronisme militaire au Royaume-Uni.
Le Dstl précise que cette avancée vise à améliorer les capacités de positionnement, de navigation et de synchronisation temporelle (PNT), actuellement très dépendantes des systèmes satellitaires comme le GPS. Le laboratoire met en garde contre les risques de déni ou de perturbation des services satellitaires, ce qui pourrait affecter les opérations dans de multiples environnements.
Matthew Aldous, ancien responsable du thème de la détection quantique au Dstl, indique que cette nouvelle génération d’horloges atomiques offrira « de nouvelles capacités, une meilleure performance et une résilience accrue ».
« Le temps joue un rôle essentiel dans notre société, que ce soit pour la navigation des services d’urgence ou pour la distribution d’espèces aux guichets automatiques », souligne-t-il. « Nous construisons la prochaine génération d’horloges atomiques qui offrira de nouvelles fonctionnalités, une performance améliorée et une plus grande résistance aux perturbations. »
Le fonctionnement des horloges atomiques repose sur l’utilisation d’ondes lumineuses pour exciter des atomes selon une fréquence extrêmement stable, ce qui leur permet de mesurer le temps avec une précision bien supérieure aux systèmes traditionnels.
Le récent essai a permis aux fabricants de tester tant des composants individuels que des dispositifs complets sur des périodes prolongées en fonctionnement autonome, offrant ainsi un environnement de déploiement plus réaliste que les tests classiques en laboratoire.
La Royal Navy a souligné l’intérêt particulier de cette technologie pour la navigation sous-marine. Le commandant Matt Steele, responsable des technologies futures au bureau du Chief Technical Officer de la marine britannique, insiste : « Disposer d’un système de navigation précis, exact et persistant est crucial pour assurer la sécurité des déplacements sous-marins, qu’il s’agisse de sous-marins habités ou de plateformes sans équipage. »
Il ajoute que l’expérience acquise lors de cet essai a renforcé la position du Royaume-Uni dans le développement des technologies émergentes de navigation.
Le Dstl évoque également un potentiel de retombées commerciales pour l’industrie britannique. Parmi les participants, Far Field Exploits, une petite entreprise fondée par d’anciens militaires, souligne que l’essai a permis d’accéder à des équipements de test spécialisés et à un savoir-faire technique difficile à mobiliser en interne.
Simon Merrett, directeur de l’entreprise, explique : « Nous développons un système sans fil de transfert de temps et de fréquence pour horloges atomiques. Nous ne disposions pas de l’expertise de mesure ni des équipements spécialisés nécessaires. Le Dstl nous a apporté ces ressources, ce qui a constitué une excellente collaboration. »
Un nouvel essai est programmé pour 2027, qui élargira les applications au-delà des horloges atomiques et ciblera des problématiques militaires spécifiques. Le Dstl affiche son ambition de voir des systèmes de navigation quantique, incluant des horloges atomiques, déployés sur un aéronef britannique d’ici 2030.