Des images de combat authentifiées ont circulé sur les réseaux sociaux, montrant un pilote ukrainien à bord d’un F-16 interceptant et détruisant à courte distance un drone kamikaze russe Geran-2 (type Shahed). L’attaque, confirmée par la Force aérienne ukrainienne le 9 février 2026, illustre le rôle croissant des avions de chasse occidentaux dans la neutralisation des menaces aériennes à faible coût, visant notamment les infrastructures critiques.
Cette vidéo en haute définition, apparue initialement sur Telegram, montre un F-16 Fighting Falcon du 107e Escadron d’Aviation Indépendant poursuivant la munition drone au-dessus d’une zone boisée. Déployés par la Russie depuis fin 2022, ces drones de conception iranienne ciblent à la fois des objectifs civils et militaires. Selon les analystes, cet enregistrement constitue la preuve visuelle la plus nette à ce jour d’une interception réussie par armement à bord.
Cette interception intervient dans un contexte d’intensification des frappes aériennes russes, durant lequel les forces ukrainiennes doivent jongler entre l’emploi de missiles air-air coûteux et des armes embarquées plus économiques.
Les canons antiaériens connaissent un regain d’intérêt après avoir été longtemps délaissés au profit des missiles sol-air (SAM). L’Ukraine combine par exemple la mitrailleuse DShK à des projecteurs, rappelant des tactiques de la Seconde Guerre mondiale. Les dispositifs plus avancés incluent des viseurs thermiques ou des projecteurs à infrarouge. Des systèmes antiaériens modernes de gros calibre comme le Gepard allemand, développé dans les années 1960, ont également été intégrés à l’arsenal ukrainien.
D’un point de vue technique, le pilote a utilisé le canon rotatif M61A1 Vulcan de 20 mm embarqué sur l’avion pour neutraliser le drone. La vidéo capture le bourdonnement caractéristique de ce canon de type Gatling, capable de tirer jusqu’à 6000 projectiles par minute. Privilégier l’usage du canon plutôt qu’un missile AIM-9 Sidewinder permet d’économiser des munitions sophistiquées pour des cibles plus stratégiques, telles que des missiles de croisière, tout en nécessitant de s’approcher à un rayon dangereux d’environ 1,5 km de la charge explosive de 50 kg du drone.
“Il ne s’agit pas d’images générées par intelligence artificielle : c’est un véritable pilote ukrainien dans un F-16 qui détruit de manière spectaculaire un Shahed ennemi au-dessus de l’Ukraine”, a déclaré le Commandement de la Force aérienne ukrainienne dans un communiqué public. “La vidéo provient des réseaux sociaux, l’auteur est inconnu, mais le pilote est à nous. Les F-16 ukrainiens sont une épine dans le pied de l’ennemi.”
Ce succès met en lumière un changement tactique dans l’emploi des F-16, qui s’intègrent de plus en plus aux systèmes intégrés de défense aérienne ukrainiens (IADS). Avec le renforcement de la flotte de F-16 et l’arrivée de nouveaux Mirage 2000, l’accent devrait être mis sur la perfection des interceptions rapides de drones lents afin de protéger le réseau électrique et les centres urbains.
Ce combat représente un important coup de pouce moral pour les forces ukrainiennes et démontre la polyvalence tactique du F-16. En maîtrisant les tirs à courte distance, les pilotes ukrainiens prouvent que des avions datant de plusieurs décennies peuvent efficacement contrer les technologies modernes de drones en essaim.
Le canon Vulcan M61
Le canon M134 est en réalité une version réduite du M61 Vulcan, l’arme utilisée par le F-16 pour abattre le drone russe. Contrairement aux munitions de 7,62 mm employées par le M134 minigun, le M61 tire des projectiles de 20 mm à une cadence pouvant atteindre 6000 coups par minute. Ce canon a été utilisé au combat pour la première fois en 1965 et reste en service continu, installé sur des avions très variés, du F-104 Starfighter au F-22 Raptor. Il équipe aussi le célèbre système naval de défense rapprochée Phalanx (CIWS) et a même été adapté à un système terrestre de défense aérienne.
Bien que l’emploi du canon soit plus économique et logistique que celui des missiles, permettant de réserver ces derniers pour des menaces plus complexes, il impose aux pilotes d’affronter des cibles à basse altitude et à vitesse relativement lente. Cette approche est plus risquée que le lancement à distance d’un missile air-air : si elle réussit, elle est très efficace, mais toute erreur peut conduire à la perte de l’appareil et, surtout, du pilote hautement qualifié.
Dans un F-16, le pilote doit aligner le nez de l’avion sur sa cible, en tenant compte du risque de dégâts collatéraux. Une attaque au même niveau d’altitude ou plus bas fait courir le risque que les projectiles de 20 mm perdus causent des dommages importants au sol, voire mettent en danger la vie de civils. L’idéal est donc d’attaquer en plongeant, vers le sol, pour que les munitions non impactantes tombent sans causer de dégâts.
Le nombre exact de F-16 transférés à l’Ukraine n’est pas connu précisément, mais il est suffisant pour soutenir les missions quotidiennes qui, en janvier 2026, avaient déjà permis de descendre plus de 1000 drones et missiles de croisière.
Marcel van Leeuwen