La société de défense RTX a annoncé que l’US Air Force a réalisé avec succès le tir le plus long jamais enregistré du missile air-air AIM-120 AMRAAM lors d’essais conduits sur la base aérienne d’Eglin. Cette épreuve, effectuée à l’automne 2024 avec un F-22 Raptor et rendue publique le 16 septembre 2025, a validé un profil de vol étendu pour le missile, confirmant que les améliorations apportées par le programme de mise à jour Forme, Ajustement et Fonction (F3R) repoussent les performances du système au-delà de ses limites précédentes.
Cette avancée intervient dans un contexte où les États-Unis et leurs alliés affrontent des concurrents de plus en plus performants et un environnement de menaces aériennes en rapide évolution.
L’AIM-120 AMRAAM, en service depuis plus de trente ans, demeure une pièce maîtresse de la supériorité aérienne occidentale. Conçu comme un missile à guidage radar actif à dépassement visuel, il est déployé par l’US Air Force, la Marine américaine et 43 pays alliés sur 14 plateformes différentes. Avec plus de 6000 tirs réussis et une efficacité éprouvée au combat, l’AMRAAM symbolise une domination aérienne fiable. La variante D-3, testée sur le F-22, intègre le pack de modernisation F3R, augmentant son temps de vol et son potentiel de portée.
Bien que les chiffres exacts restent classifiés, des estimations de sources ouvertes situent la portée de l’AIM-120D aux alentours de 160 à 180 km. La démonstration récente indique que le missile amélioré a franchi ce seuil dans des conditions optimales.
Opérationnellement, l’évolution de l’AMRAAM illustre des décennies de développements itératifs, nourris par les retours d’expérience des conflits et la modernisation constante des capacités aériennes adverses. Depuis la guerre du Golfe jusqu’aux affrontements contemporains, il s’est imposé comme un système efficace et la série D poursuit cette trajectoire en améliorant la propulsion, le guidage et les contre-mesures électroniques.
Comparé à des systèmes hérités comme l’AIM-7 Sparrow ou encore le missile russe R-77, l’AMRAAM représente un saut en termes d’adaptabilité et d’intégration réseau. De la même manière que le passage du Sparrow à l’AMRAAM avait marqué un tournant générationnel, la variante D-3 ouvre un nouveau chapitre où la performance à longue portée devient un facteur déterminant.
Les bénéfices de ce record sont à la fois tactiques et stratégiques. Techniquement, l’augmentation des distances d’engagement accroît la survie des chasseurs de 5e génération, tels que le F-22 et le F-35, leur permettant d’intervenir avant d’entrer dans la zone de tir des missiles adverses. Face à des concurrents émergents comme le PL-15 chinois ou le R-37M russe, l’AMRAAM modernisé conserve ainsi la crédibilité occidentale dans la course aux interceptions à longue portée.
Sur le plan stratégique, cette démonstration souligne la volonté des États-Unis de maintenir leur avance en domination aérienne, en particulier dans la région indo-pacifique où les affrontements à longue distance sont appelés à définir les futurs scénarios de combat aérien. Géopolitiquement, ce succès envoie un message de dissuasion au moment où les rivaux déploient eux-mêmes des armes à longue portée.
L’AMRAAM demeure l’un des programmes phares de Raytheon, soutenu par des contrats récurrents du Département américain de la Défense et des ventes militaires à l’étranger. En 2024, l’US Air Force a attribué à Raytheon un financement supplémentaire pour maintenir la production de la version F3R, assurant ainsi la compatibilité avec les plateformes actuelles et futures. Les exportations du missile se poursuivent avec succès, notamment auprès d’alliés européens de l’OTAN et de partenaires indo-pacifiques. Cette demande soutenue favorise la modernisation des arsenaux alliés tout en garantissant des économies d’échelle, consolidant la place de l’AMRAAM comme missile air-air de moyenne portée le plus largement utilisé dans l’arsenal occidental.
Le tir record effectué depuis un F-22 Raptor confirme que l’AMRAAM reste un pilier de la stratégie de puissance aérienne des États-Unis et de leurs alliés. En dépassant les limites de portée jusque-là établies, Raytheon et l’US Air Force démontrent que ce missile, déjà très efficace au combat, évolue sans cesse afin de contrer les menaces émergentes. Ce jalon met en lumière le rôle central des programmes de modernisation technologique, des financements soutenus et des essais opérationnels dans le maintien du leadership aérien occidental pour les années à venir.