Pour la première fois dans les 180 ans d’existence de l’Académie navale américaine, un général des Marines prendra la direction militaire suprême de l’établissement, succédant à la première femme ayant occupé ce poste.
Le lieutenant-général Michael J. Borgschulte, ancien linebacker de l’équipe de football de l’Académie dans les années 1980, sera le premier officier des Marines à devenir le surintendant de la prestigieuse école d’ingénieurs de la marine à Annapolis, dans le Maryland. Cette nomination, confirmée vendredi, intervient en remplacement de la vice-amiral Yvette M. Davids, qui a pris ses fonctions en janvier 2024. Aucun calendrier officiel n’a été annoncé pour son départ, mais elle devrait être affectée à un poste au Pentagone actuellement occupé par un amiral qui devrait partir à la retraite prochainement.
Borgschulte a une carrière de pilote d’hélicoptère dans les Marines. Surnommé « Meat » pendant sa carrière, il a commandé le Marine Light Attack Helicopter Squadron 367 lors de la bataille de Marjah en 2010, puis la 3rd Marine Aircraft Wing à la base aérienne de Miramar. Il occupe actuellement le poste de Deputy Commandant, Manpower and Reserve Affairs. Il cumule plus de 3 800 heures de vol, dont 700 en opérations de combat en Irak et en Afghanistan.
Chaque année, environ un quart des diplômés d’Annapolis rejoignent les Marines, comme Borgschulte en 1991, mais aucun n’avait jusqu’à présent assumé la fonction de surintendant, le poste militaire supérieur de l’Académie. Le Naval Academy forme près de 1 100 officiers par promotion. Comme c’est souvent le cas chez les cadres supérieurs de l’école, Yvette Davids et Michael Borgschulte sont tous deux anciens élèves de l’Académie.
Davids est la première femme à avoir occupé ce poste de surintendant jusqu’en 2024. Son départ est atypique puisque, selon la loi fédérale, ce rôle est généralement tenu pendant trois à quatre ans; les titulaires quittent habituellement le service à l’issue. Elle a reçu une dérogation pour quitter son poste plus tôt afin de rejoindre l’état-major du chef des opérations navales.
Elle devrait désormais occuper un poste de haut niveau au Pentagone comme adjointe du chef des opérations navales pour les opérations, les plans, la stratégie et le développement des capacités de guerre. Cette nomination nécessite confirmation par le Sénat. Le vice-amiral actuel occupant ce poste, Daniel Dwyer, partira à la retraite le mois prochain.
Un changement intervenant dans un contexte de turbulence
Le départ de Davids, qui s’inscrit dans les hautes sphères de commandement de la Marine, survient dans un contexte d’importantes mutations du corps des chefs militaires sous l’impulsion du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth.
Son mandat à Annapolis a été marqué par plusieurs épisodes controversés liés à la volonté de Hegseth d’introduire des réformes politiques au sein des institutions militaires. L’une des plus marquantes fut la suppression de 400 ouvrages dans la bibliothèque de l’Académie, principalement écrits par des auteurs noirs ou traitant de thématiques historiques telles que l’esclavage et le racisme. Parmi ces ouvrages figurait I Know Why the Caged Bird Sings de Maya Angelou. La plupart des livres ont depuis été réintégrés. D’autres incidents controversés ont inclus l’annulation de discours et le retrait temporaire de portraits historiques de diplômées juives féminines pendant une visite de Hegseth à l’école.
Davids n’est pas la seule responsable à avoir quitté l’Académie prématurément. En juin, le capitaine Walter H. Allman, ancien Navy SEAL et commandant de l’école depuis un peu plus d’un an, est parti alors que cette fonction se tient habituellement sur plusieurs années. Il a été remplacé par le capitaine Gilbert E. Clark Jr. peu avant le « I-Day » du 26 juin, jour symbolique marquant le début de l’année académique et l’entrée des nouveaux élèves dans leur formation militaire intensive dite « Plebe summer ».