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Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a accusé mardi l’Inde de « profiter » de la revente de pétrole russe, tout en épargnant la Chine qui bénéficie d’un traitement différent. Ces remarques interviennent dans un contexte de tensions entre Washington et New Delhi, suite à l’imposition par le président Donald Trump de tarifs douaniers atteignant 50 % sur les importations indiennes, incluant un droit de 25 % sur le pétrole russe, applicable à partir du 27 août.

Interrogé sur la différence de traitement entre la Chine et l’Inde concernant leurs achats de pétrole russe, Bessent a indiqué sur CNBC que les importations chinoises en provenance de Russie n’ont augmenté que de 3 % depuis le début de la guerre en Ukraine, tandis que celles de l’Inde ont bondi de plus de 40 %.

« Les importations chinoises sont sous-optimales. Avant 2022, avant l’invasion (de l’Ukraine par la Russie), 13 % du pétrole chinois provenait déjà de Russie ; aujourd’hui, c’est 16 %, la Chine ayant diversifié ses sources d’approvisionnement », a expliqué Bessent.

Le secrétaire au Trésor américain a ajouté que « moins de 1 % du pétrole indien provenait de Russie avant l’invasion, et aujourd’hui ce chiffre atteint environ 42 % ». « L’Inde profite simplement de la situation, elle revend le pétrole… Elle a réalisé 16 milliards de dollars de bénéfices excessifs… certaines des familles les plus riches d’Inde en tirent profit. C’est une toute autre problématique », a-t-il souligné.
Il a également dénoncé « cet arbitrage indien, qui consiste à acheter du pétrole à bas coût pour le revendre sous forme de produits, apparu durant la guerre… cela est tout simplement inacceptable ».

Scott Bessent avait tenu des propos similaires la semaine dernière, avant la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine. Dans une interview accordée à Bloomberg, il avait indiqué que si les discussions n’aboutissaient pas positivement, les sanctions secondaires américaines visant l’Inde pour ses achats de pétrole russe pourraient être renforcées.

De son côté, l’Inde a qualifié ces tarifs de « injustifiés et déraisonnables ». New Delhi a affirmé, comme toute grande économie, qu’elle prendrait toutes les mesures nécessaires pour protéger ses intérêts nationaux et sa sécurité économique.

Mardi, le ministre d’État chargé du Commerce et de l’Industrie, Jitin Prasada, a informé le Parlement que l’Inde et les États-Unis négociaient un accord bilatéral de commerce multisectoriel. Dans ce cadre, les deux parties discutent notamment de la libéralisation des échanges de biens, y compris des produits agricoles non sensibles.
À ce jour, cinq cycles de négociations ont eu lieu entre les deux pays concernant cet accord commercial bilatéral (BTA). Toutefois, la délégation américaine a récemment reporté sa visite prévue pour le sixième round de négociations, initialement programmé à partir du 25 août.