L’historien de l’aviation Anchit Gupta révèle qu’environ 2 000 pilotes de l’Indian Air Force (IAF) ont piloté le chasseur MiG-21 au cours de ses soixante années de service, faisant de cette flotte la plus nombreuse d’aviateurs formés sur un même type d’appareil dans les annales de l’aviation indienne. Lors d’un symposium sur la défense à New Delhi, Gupta a souligné le rôle unique du MiG-21 dans le développement des capacités de combat aérien de l’Inde depuis son intégration en 1963, un jalon marquant aussi bien son importance opérationnelle que sa réputation controversée. Ce chiffre, fondé sur les archives de l’IAF et les recherches approfondies de Gupta, illustre la longévité de cet avion malgré un taux d’accidents notable, affirmant sa position de pilier majeur dans l’histoire de l’aviation militaire indienne.
Conçu en Union soviétique, le MiG-21 était un avion supersonique qui a intégré la force aérienne indienne avec la 28e Escadre, surnommée les « First Supersonics ». Son parc a atteint un pic de 874 exemplaires répartis sur 19 escadrons durant les années 1980. Gupta a précisé que son usage massif s’explique par la dépendance de l’Inde à l’égard de l’aide militaire soviétique pendant la guerre froide. Cette flotte a notamment été engagée dans les conflits de 1965 et 1971, où le MiG-21 a abattu des avions pakistanais F-86 Sabre et F-104 Starfighter.
Au total, de 1 800 à 2 000 pilotes ont été formés sur cet appareil en six décennies, un chiffre largement supérieur à celui d’autres chasseurs emblématiques de l’IAF tels que le MiG-29, qui compte environ 500 pilotes formés, ou encore le Tejas, un avion de fabrication indigène, qui en compte moins de 200 à ce jour. Cette ampleur témoigne du rôle de bête de somme dévolu au MiG-21, avec un cumul de plus de 1,5 million d’heures de vol réalisées par ses pilotes.