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Au cœur des tensions croissantes à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, le journaliste pakistanais renommé Javed Chaudhry a accusé l’Inde d’envoyer des techniciens en Afghanistan pour remettre en état des stocks de missiles sol-air portables (MANPADS) d’origine russe et américaine. Selon lui, New Delhi serait prête à aider Kaboul à installer des usines locales de production de ces missiles épaulés, tout en formant les forces afghanes à leur réparation et à leur déploiement, ciblant spécifiquement les avions de la Force aérienne pakistanaise (PAF), impliqués dans de récents bombardements transfrontaliers.

Collaboration régulière du Daily Express, Chaudhry est connu pour ses chroniques au ton souvent nationaliste. Dans son article du 16 octobre intitulé « Afghanistan » et divers commentaires médiatiques, il présente cette coopération présumée comme une menace directe pour la souveraineté pakistanaise. « L’Inde aide l’Afghanistan à remettre en service des MANPADS russes et américains afin d’empêcher les attaques de la PAF dans le pays », écrit-il, ajoutant que cette initiative comprend « l’établissement d’usines locales pour ces missiles » ainsi que des programmes de formation à « leur utilisation efficace contre les avions de la PAF qui ont récemment bombardé des cibles en Afghanistan. »

Ces allégations interviennent dans un contexte de grande instabilité, notamment après des frappes aériennes de la PAF sur le territoire afghan en début octobre. Le 15 octobre, des chasseurs pakistanais auraient visé des positions talibanes à Spin Boldak, près de la frontière, en riposte à des attaques du Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP) ayant causé la mort de 11 soldats pakistanais. L’administration talibane afghane a condamné ces frappes en les qualifiant de violation de la souveraineté, menaçant de « conséquences », tandis qu’Islamabad défendait ces opérations comme des frappes précises contre des repaires militants. Des incidents similaires dans la province de Paktika ont vu des jets JF-17 larguer des bombes guidées LS-6, exacerbant les craintes d’un conflit par procuration de grande ampleur.

Le récit de Chaudhry esquisse une trahison, dépeignant les talibans — longtemps abrités au Pakistan — comme désormais alliés à l’Inde, adversaire historique. Il affirme que des figures clés des talibans, notamment le chef suprême Hibatullah Akhundzada et le vice-Premier ministre Mullah Abdul Ghani Baradar, doivent leur survie à leur refuge au Pakistan, mais recevraient également des financements de New Delhi et Washington pour abriter des militants hostiles au Pakistan. Selon lui, cela faciliterait les opérations du TTP depuis le sol afghan, provoquant des ripostes de la PAF.

Cependant, ces affirmations manquent de vérifications indépendantes et s’inscrivent dans une série d’accusations non étayées dans la presse pakistanaise, alors que la tension entre l’Inde et le Pakistan reste vive. Les autorités indiennes rejettent ce type de récits en les qualifiant de « désinformation », soulignant leur engagement envers la souveraineté afghane sans soutenir une aide militaire susceptible d’aggraver les points chauds régionaux.

Les autorités afghanes ne se sont pas prononcées directement sur ces accusations, insistant plutôt sur la nécessité que le Pakistan cesse « toute agression non provoquée ». Les talibans s’appuient historiquement sur des systèmes hérités de l’ère soviétique comme les MANPADS SA-7 Grail, ainsi que sur des Stingers américains fournis aux moudjahidines dans les années 1980 — des équipements qui pourraient effectivement bénéficier d’une remise en état face à la reprise des hostilités.