Le groupe aéronaval britannique, actuellement déployé dans la région Indo-Pacifique dans le cadre de l’opération Highmast, a réalisé un exercice de haute intensité simulant la défense contre un navire intrus tentant de s’approcher d’un porte-avions britannique.
Selon le lieutenant-commandant Grayson, responsable de la salle des opérations à bord du HMS Prince of Wales, ce scénario visait à tester la capacité du groupe à réagir rapidement et de manière décisive face à une menace de surface hostile.
« Nous simulons un navire intrus qui cherche à s’approcher du groupe embarqué et du porte-avions,
puis nous ordonnons à une de nos escorte de se placer sur sa trajectoire afin de créer une barrière physique »,
a expliqué le lieutenant-commandant.
Lors de l’exercice la semaine dernière, la frégate de type 23 HMS Richmond de la Royal Navy et la frégate HMNZS Te Kaha de la Marine royale de Nouvelle-Zélande ont effectué des manœuvres agressives pour intercepter et bloquer l’adversaire simulé. « Te Kaha et Richmond ont mené des manœuvres très dynamiques, c’est très encourageant à observer », a ajouté l’officier.
L’objectif de ces exercices de barrière est d’entraîner les navires d’escorte à réagir instinctivement sous pression. « Nous répétons continuellement ces drills avec nos escorteurs pour que chacun sache immédiatement ce qu’il doit faire dès que l’ordre est donné », a précisé Grayson.
Ces entraînements s’inscrivent également dans une volonté plus large d’améliorer l’interopérabilité avec les marines alliées. « C’est une opportunité d’exercer ensemble nos unités britanniques et celles de nos partenaires internationaux », a-t-il souligné.
Le lieutenant-commandant a insisté sur l’importance de collaborer avec des partenaires régionaux, notamment dans une zone éloignée des bases britanniques. « Ce n’est pas une région où nos gros navires opèrent fréquemment,
d’où notre volonté de travailler avec des partenaires qui, premièrement, y sont beaucoup plus présents, et deuxièmement, disposent d’équipements, de systèmes et parfois de tactiques différents », a-t-il affirmé.
En se formant dans ces environnements, le groupe aéronaval CSG25 cherche à élargir son répertoire tactique et à développer des réflexes opérationnels communs avec ses alliés indo-pacifiques. « Cette coopération nous permet d’améliorer nos capacités et notre aptitude à opérer à distance », a conclu Grayson.
L’objectif de la mission
L’opération Highmast désigne le déploiement global du groupe aéronaval 25 du Royaume-Uni en 2025, lancé en avril et centré sur le HMS Prince of Wales. Cette mission vise à projeter la puissance maritime et aérienne britannique dans l’Indo-Pacifique, renforcer les partenariats stratégiques, et soutenir les opérations de liberté de navigation dans des zones contestées.
Après un départ de Portsmouth, le groupe a traversé la Méditerranée, la mer Rouge et l’océan Indien avant d’entrer dans le Pacifique, participant à de nombreux exercices de haute intensité avec l’OTAN et des alliés régionaux.
Le porte-avions est accompagné d’un ensemble d’escortes et navires de soutien provenant de la Royal Navy et de pays partenaires tels que le Canada, la Norvège, l’Espagne et la Suède. Ces contributions internationales renforcent la portée opérationnelle, assurent une défense échelonnée et intègrent des personnels alliés dans la chaîne de commandement britannique. Environ 4 500 militaires participent à ce déploiement, incluant la Royal Navy, la Royal Air Force, l’armée de terre britannique et des forces alliées.
Un élément central de l’opération est la composante aérienne embarquée, qui a débuté avec 18 avions F-35B Lightning II et devrait monter à 24 appareils, le plus grand nombre jamais déployé en mer à ce jour. Malheureusement, un appareil a dû se poser en Inde en raison d’une panne hydraulique, mais il est en cours de récupération. La composante aérienne regroupe des avions des escadrons de la RAF et de la Royal Navy, appuyés par des hélicoptères pour la lutte anti-sous-marine et l’alerte avancée aéroportée.
Parallèlement aux opérations navales traditionnelles, le déploiement met l’accent sur la cybersécurité et la résilience face aux menaces asymétriques. Une équipe cyber britannique dédiée accompagne le groupe afin de protéger la force durant son transit dans des zones à risque, en contrant les tentatives d’intrusion fréquentes.
Le groupe aéronaval conduit par ailleurs une série d’exercices multinationaux complexes incluant opérations de frappe aéronavale, suivi de sous-marins, lutte contre les drones et défense aérienne intégrée. Les exercices majeurs tels que Neptune Strike et Talisman Sabre illustrent la volonté britannique d’apporter une présence crédible et durable à la sécurité indo-pacifique.