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Le char de combat principal VT-4, fabriqué en Chine et récemment introduit dans les unités de première ligne pakistanaises, fait à nouveau l’objet d’interrogations après un incident grave survenu lors d’un exercice avec l’Armée royale thaïlandaise. Trois soldats thaïlandais ont été blessés lorsque le canon principal de leur VT-4 s’est rompu en opération, provoquant la destruction du tube et rendant le char inutilisable en pleine manœuvre.

Les informations disponibles indiquent que la défaillance ne s’est pas limitée au simple éclatement du canon. En plus de la destruction de l’armement principal, le récepteur d’alerte laser, le système de conduite de tir et les sous-systèmes de ciblage du char ont également subi des dommages, aggravant la gravité de l’accident. La défaillance en cascade de ces équipements essentiels soulève de sérieuses questions sur la résilience, la fiabilité et la robustesse du VT-4 sur le champ de bataille.

Les enquêtes se poursuivent, explorant plusieurs pistes possibles telles que la fatigue des matériaux, des défauts de fabrication, des problèmes liés à la qualité des munitions ou des erreurs opérationnelles. La nature particulièrement dramatique de la rupture du canon est un revers embarrassant pour une plateforme commercialisée comme un char de troisième génération, moderne et destiné à des combats intenses.

Connu également sous la désignation MBT-3000, le VT-4 est en service depuis 2017 et produit par la China North Industries Corporation (Norinco). Ce char exporté se présente comme une solution offrant une puissance de feu avancée, des capteurs modernes et un prix concurrentiel. En termes de dimensions et de poids, il est comparable aux chars T-90 d’origine russe utilisés en grand nombre par l’armée indienne, qui constituent la colonne vertébrale des forces blindées indiennes.

Pour le Pakistan, cet incident est particulièrement préoccupant. Islamabad a récemment intégré le VT-4 à ses forces, le rebaptisant « Haider », signifiant « Lion » en ourdou. L’armée pakistanaise a formellement adopté cette appellation et prévoit l’acquisition de plus de 600 exemplaires. À ce jour, Norinco a livré un peu plus de 100 chars, laissant au Pakistan la tâche de produire localement les quelque 500 unités restantes.

Les chars VT-4 destinés au Pakistan sont assemblés et fabriqués dans l’usine Heavy Industries Taxila, dans le cadre d’un accord de transfert de technologie et d’une licence de production avec Norinco. Des sources pakistanaises mentionnent également que les premiers exemplaires de la série « Haider » pourraient être retirés du service ou faire l’objet de modernisations dans le cadre d’un plan d’induction évolutif, révélant des doutes sur la configuration initiale et la performance à long terme du char.

L’incident survenu en Thaïlande s’inscrit dans une tendance plus large mettant en lumière les performances parfois décevantes de certains systèmes d’armement d’origine chinoise en situation opérationnelle. Lors du récent conflit avec l’Inde, plusieurs équipements fournis par la Chine à l’armée pakistanaise auraient montré des limites techniques ou des problèmes de fiabilité. La rupture du canon du VT-4 renforce désormais les craintes d’une vulnérabilité majeure liée à la dépendance croissante de Islamabad envers ces chars dans un contexte de haute intensité.

Pour l’armée pakistanaise, qui considère le VT-4 comme un pilier de sa future force blindée, ces défaillances dépassent le cadre d’un simple incident technique isolé. Elles soulèvent des questions cruciales sur le contrôle qualité, la compatibilité des munitions, l’endurance en combat et la capacité de survie sous un stress prolongé sur le champ de bataille. En cas de conflit futur avec l’Inde, toute faiblesse structurelle dans la flotte principale de chars pakistanaise pourrait entraîner des conséquences opérationnelles et stratégiques lourdes, transformant un symbole de modernisation en un fardeau critique.