Un Rafale français a détruit un drone au-dessus de la Lettonie lors d’une mission opérationnelle, marquant ainsi la première utilisation du missile MICA par l’Armée de l’air et de l’espace française dans la région baltique.
Cette intervention a été révélée à l’issue du déploiement français de la mission de police aérienne de l’Otan dans les pays baltes, basé à la base aérienne de Šiauliai en Lituanie, après deux rotations consécutives. Pendant ces quatre mois de déploiement, les avions français ont accumulé plus de 540 heures de vol, répondu à près de 40 interceptions Alpha contre des appareils non identifiés, et réalisé environ 70 scrambles entraînement.
« Cette mission a été un jalon important pour le détachement BAP Block 71 », a déclaré un porte-parole français, dont le nom n’a pas été divulgué. « Opérationnellement, le missile MICA est utilisé par l’Armée de l’air et de l’espace dans le monde entier, mais le déployer pour la première fois ici, dans les États baltes, pour abattre un drone au-dessus de la Lettonie, constitue un véritable succès tactique pour l’Otan, la France et les pays baltes. »
Il a ajouté : « Nous sortons renforcés de cette mission, aux côtés de nos partenaires alliés. Face aux menaces actuelles dans le monde, nous avons pu adapter notre entraînement en collaboration avec nos alliés, notamment en matière de lutte contre les systèmes aériens sans pilote (UAS). »
Le détachement a maintenu une alerte permanente (Quick Reaction Alert) tout au long de la mission, opérant dans le cadre de l’opération de vigilance renforcée Eastern Sentry.
Le programme d’entraînement multinational a été particulièrement étoffé durant ce déploiement. Il a notamment inclus des opérations conjointes avec des F-16 roumains et des MiG-29 polonais, ainsi que des exercices d’Agile Combat Employment en Suède. Les équipages français ont mené des entraînements air-sol avec tirs réels et missions d’attaque au sol conjointes avec les forces belge, allemande et lituanienne. Les équipages de Rafale C ont aussi effectué des missions de lutte anti-drone conjointes avec leurs homologues estonien et lituanien pour détecter et intercepter des drones d’entraînement. D’autres activités comprenaient le soutien aérien rapproché, le combat aérien au-delà de la portée visuelle, des vols de familiarisation, ainsi que des scrambles multinationales en collaboration avec les forces lituaniennes, estoniennes, lettones, roumaines, polonaises, allemandes et canadiennes.
Le missile MICA, conçu en France par MBDA, est un missile air-air à courte et moyenne portée, disponible en versions infrarouge et radar actif. Il équipe notamment les flottes de Rafale et Mirage 2000. Son emploi contre un drone illustre une problématique croissante des forces aériennes européennes, où des missiles à haute valeur technologique et coût élevée, conçus pour le combat aérien, sont utilisés contre des cibles télécommandées beaucoup moins coûteuses. Ce rapport défavorable en termes de coûts suscite un intérêt accru pour des solutions alternatives comme les canons embarqués, les armes laser ou des effecteurs moins onéreux.
La relève française a été assurée par l’Armée de l’air italienne, qui prendra le relais à Šiauliai avec quatre Eurofighter Typhoon et plus de 100 personnels. Ce relais s’inscrit dans une rotation plus large marquant une transition de la mission de police aérienne vers un rôle étendu de défense aérienne dans le cadre du système intégré de défense aérienne et antimissile de l’Otan, couvrant désormais la menace des aéronefs pilotés ou non ainsi que des missiles de croisière et balistiques.