Article de 625 mots ⏱️ 3 min de lecture

Près de huit décennies après avoir combattu en Afrique du Nord, en Italie, en France et en Allemagne, un ancien soldat de l’armée américaine vient de recevoir une ultime distinction. Il ne s’agit pas d’une décoration américaine, mais bien française. Cette semaine, John Gojmerac a été décoré de la plus haute distinction française pour ses services durant la Seconde Guerre mondiale.

La cérémonie s’est tenue le vendredi 20 octobre au sein du poste des Anciens Combattants d’Outre-Mer (Veterans of Foreign Wars) à Tonawanda, dans l’État de New York. Entouré de sa famille, John Gojmerac a reçu la médaille de Chevalier de la Légion d’honneur des mains de Jérémie Robert, consul général de France à New York. La Légion d’honneur, composée de cinq grades, est la plus haute distinction que la France peut décerner, militaire ou civile.

Bien que John Gojmerac ne soit pas français, il a participé à la libération de la France du joug nazi. Né en Slovénie, il avait émigré aux États-Unis à l’âge de 14 ans. À 18 ans, il fût mobilisé, bien qu’il ne fût pas encore citoyen américain à l’époque. Il fut affecté à la 3e division d’infanterie, 7e régiment d’infanterie, puis envoyé en Afrique du Nord en renfort.

Son frère aîné fut également mobilisé, mais il ne participa pas aux combats. Cuisinier au départ, il fut envoyé à Hawaï dans l’attente d’un déploiement sur le front du Pacifique, mais la fin de la guerre survint avant qu’il ne soit engagé au combat.

Un plan exposé au poste VFW Frontiersmen 7545, où la remise de la décoration a eu lieu, retrace le parcours de John Gojmerac à travers l’Afrique et l’Europe. Sa fille et son petit-fils, qui réside en France, ont soumis sa candidature à la Légion d’honneur.

« Je n’accepte pas cette distinction pour moi-même, mais pour les hommes qui n’ont pas survécu », a déclaré John Gojmerac lors de la cérémonie.

Malgré les plus de 75 années écoulées depuis la fin du conflit, il conserve un souvenir vivace de son engagement militaire. Il avait relaté il y a une décennie plusieurs de ses combats et expériences dans les colonnes du Buffalo News, notamment les violents affrontements à Anzio, en Italie. Durant son déploiement en France, il exerça notamment en tant que réparateur de lignes téléphoniques, assurant la pose et la maintenance des câbles nécessaires aux communications entre unités. Par ailleurs, il servit comme éclaireur. Il reçut une Silver Star pour avoir réparé à plusieurs reprises une ligne de communication en plein combat, exposé à de grands risques personnels, capturant même un saboteur allemand au cours de l’affrontement.

Au cours de son service dans la 3e division d’infanterie, John Gojmerac fut blessé à trois reprises. La dernière de ses blessures le conduisit dans un hôpital français où il demeura jusqu’à la capitulation allemande.

« Comment ai-je survécu… cela m’étonne toujours », a-t-il confié en réfléchissant à ses expériences de combat, lors de la remise de la médaille.

Après la guerre, John Gojmerac quitta l’armée avec le grade de caporal technique. Au cours de sa carrière militaire, il avait reçu une Bronze Star, une Silver Star, une Purple Heart, le badge d’infanterie de combat, ainsi que quatre rubans de campagne et une citation présidentielle d’unité. À présent, il peut ajouter la Légion d’honneur à son palmarès.