Article de 530 mots ⏱️ 3 min de lecture

Lors d’une interview révélatrice, le vice-amiral en retraite Kishore O. Thakare est revenu sur un épisode peu connu du conflit de Kargil en 1999, mettant en lumière les faiblesses passées de l’Inde en matière d’infrastructures de maintenance sous-marine et sa dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers pour des systèmes navals cruciaux. À cette époque, bien que la Marine indienne fût en état d’alerte maximale, elle n’était pas officiellement engagée dans les opérations de combat. Plusieurs périscopes des sous-marins diesel-électriques de la classe Shishumar (Type 209/1500 d’origine allemande) avaient été envoyés aux États-Unis pour rénovation, en raison de l’absence de capacités nationales adéquates.

Le vice-amiral Thakare précise qu’à la demande urgente de l’Inde pour récupérer ces périscopes, dont le paiement avait déjà été effectué, les États-Unis ont refusé de les restituer tant que la guerre avec le Pakistan n’était pas terminée. Cette situation révèle une vulnérabilité stratégique majeure : sans périscope, un sous-marin est incapable d’opérer, ce qui a réduit considérablement la disponibilité opérationnelle d’une partie de la flotte sous-marine indienne en pleine crise sécuritaire.

Cette dépendance a perduré plusieurs années, illustrant l’absence de capacité indigène pour la maintenance de certains systèmes optiques et électroniques sensibles embarqués sur les sous-marins.

Un tournant : la rénovation indigène des périscopes en 2023

La donne a radicalement changé récemment. Depuis 2023, l’Inde a franchi une étape cruciale vers l’autonomie navale en lançant la rénovation indigène des périscopes de sous-marins.

Ce succès est le fruit du travail du Central Scientific Instruments Organisation (CSIO) de Chandigarh, qui a mené à bien la remise à neuf de ces périscopes grâce à une technologie développée localement. Ce projet constitue un progrès majeur pour éliminer la dépendance étrangère concernant des équipements essentiels des sous-marins.

Les compétences désormais maîtrisées par le CSIO comprennent :

  • La révision complète et le réalignement optique,
  • Le remplacement des composants sensibles,
  • La restauration de l’étanchéité à la pression,
  • La modernisation des modules électroniques et d’imagerie.

Cette capacité nationale assure des délais de maintenance raccourcis, des coûts réduits et, surtout, une autonomie stratégique renforcée.

De la dépendance subie à l’autonomie stratégique

Le contraste entre l’expérience de la période Kargil et la situation actuelle est saisissant :

  • 1999 : Un fournisseur étranger retenait du matériel critique en temps de guerre, compromettant la disponibilité des sous-marins.
  • Depuis 2023 : L’Inde assure elle-même la rénovation des périscopes, garantissant un contrôle total de sa flotte sous-marine.

Le témoignage du vice-amiral Thakare rappelle les risques stratégiques auxquels l’Inde était confrontée du fait de capacités nationales limitées. Aujourd’hui, la Marine indienne, soutenue par des institutions telles que le CSIO, met fin à ces vulnérabilités, marquant un progrès significatif vers l’autosuffisance technologique dans le domaine naval.