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Le Commandement central des États-Unis a publié des images montrant une frappe aérienne menée sur l’aéroport Ayatollah Hashemi Rafsanjani, situé à Kerman, dans le sud-est de l’Iran. Parmi les appareils stationnés sur le tarmac, figurait un avion de transport lourd Ilyushin Il-76, exploité par l’Iran et utilisé pour des missions logistiques militaires à longue portée. Un Lockheed C-130 Hercules ainsi qu’un avion de patrouille P-3F Orion étaient également présents.

L’Il-76, conçu par le bureau d’études soviétique Ilyushin, est un avion de transport stratégique à réaction, quadrimoteur, destiné à acheminer de lourdes charges sur de longues distances et capable d’opérer depuis des aérodromes rudimentaires. Son premier vol a eu lieu le 25 mars 1971, et il est entré en service en juin 1974 au sein des forces soviétiques. La fabrication s’est concentrée à l’Association de production aéronautique de Tachkent, dans l’actuel Ouzbékistan, où plus de 900 exemplaires ont été produits en plusieurs variantes. L’avion présente une configuration caractéristique : ailes hautes, empennage en T et quatre turbines à double flux, permettant des atterrissages sur pistes détériorées ou partiellement aménagées. Cette architecture élève moteurs et train d’atterrissage au-dessus du sol, minimisant ainsi les risques de dommages liés aux corps étrangers.

Le fuselage dispose d’un compartiment de charge avec rampe arrière, facilitant le transport de matériel volumineux, de véhicules et d’équipements d’ingénierie lourds. Initialement, l’Il-76 a été conçu pour soutenir les opérations logistiques dans les zones isolées de l’Union soviétique, notamment en Sibérie et dans l’Arctique.

En version militaire standard, l’Il-76MD offre une capacité utile d’environ 40 à 47 tonnes selon configuration et carburant embarqué. Son poids maximal au décollage est proche de 170 tonnes. Il est propulsé par quatre turbofans Soloviev D-30KP délivrant chacun environ 12 000 kg de poussée. Sa vitesse de croisière oscille entre 750 et 800 km/h, avec une autonomie opérationnelle d’environ 5 000 km en charge lourde.

L’Iran exploite plusieurs Il-76, dans des versions militaires ou à double usage, notamment en raison des sanctions internationales qui restreignent l’accès à des avions occidentaux de transport lourd comme le C-17 ou l’A400M. Dans la logistique iranienne, cet appareil sert au transport longue distance de matériel lourd, incluant véhicules blindés, composants de missiles, machines d’ingénierie et conteneurs volumineux.

La maintenance de cette flotte vieillissante pose d’importants défis : la majorité des appareils date des années 1980, et les sanctions compliquent l’approvisionnement en pièces détachées et le support constructeur. Pour pallier ces obstacles, l’Iran a mis en place une structure nationale conciliant ateliers de révision internes, récupération de pièces sur appareils au sol et achats via des réseaux d’aviation internationaux.

Les compagnies civiles de fret, intégrées au réseau logistique militaire, exploitent des Il-76TD et assurent leur maintenance à l’aéroport Mehrabad de Téhéran. Les opérations d’entretien portent sur l’inspection structurelle des ailes, la révision des quatre moteurs turbofans et la modernisation des systèmes avioniques. Les techniciens iraniens ont progressivement acquis une autonomie complète pour ces procédures, réduisant leur dépendance au constructeur d’origine.

Malgré leur ancienneté et les contraintes d’approvisionnement, les Il-76 restent à ce jour les principaux avions capables d’assurer le transport de charges lourdes au sein du réseau logistique militaire à longue portée de l’Iran.